
Soufi, mon amour d’Elif Shafak, aux éditions Phébus
Parce que l’amour est l’essence même, le but de la vie. Comme Rûmi nous le rappelle, il frappe tout le monde, y compris ceux qui le fuient, y compris ceux qui utilisent le mot « romantique » pour marquer leur réprobation.
Autant le dire d’entrée de jeu : ce roman m’a littéralement cueillie. Très intéressée en ce moment par la spiritualité, j’ai tout de suite été intéressée par le résumé qui été proposé, aussi me suis-je tout de suite proposée pour le lire et en faire le commentaire pour les chroniques de la rentrée littéraire, et je ne le regrette vraiment pas.
Il y a des livres qui changent notre vie. C’est l’histoire d’un tel livre qui nous est racontée ici.
La vie d’Ella est un plan d’eau tranquille. Une vie monotone, sans éclat, un mariage sans passion avec un homme avec qui elle ne communique pas sur le plan spirituel, et qui la trompe. Mais cela lui convient. C’est une vie finalement assez cliché : maison, enfants, chien, assurance-vie. L’amour n’a pas sa place dans cette existence. Et puis, un jour, une pierre vient troubler la sérénité de ce plan d’eau, qui ne sera alors plus jamais le même. Ella est lectrice pour une agence littéraire, et c’est ainsi qu’atterrit dans ses mains Doux Blasphème, d’un certain A. Z. Zahara, un roman à la fois historique et mystique. Un roman qui va bouleverser sa vie, et qui lui était en quelque sorte personnellement destiné. Un roman (que le lecteur peut lire en même temps qu’Ella) qui raconte la rencontre du poète Rûmi et du derviche Shams de Tabriz. Un roman dont l’amour est la clé.
Je dois avouer que ce roman m’a vraiment beaucoup fait réfléchir. L’histoire de cette transformation d’une femme en une autre par le biais de sa lecture est réellement fascinante, tout comme le roman à l’intérieur du roman. Mais surtout, au fil du texte s’égrainent les quarante règles de vie de Shams de Tabriz, que médite Ella, et avec elle le lecteur. Je n’ai pas pu m’empêcher d’ailleurs de noter certaines de ces règles dans un petit carnet, et je les relis régulièrement tant elles sont porteuses de sens, la règle des règles étant bien sûr d’aimer.
Chronique rédigée par Irrégulière
Quatrième de couverture :
Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse : une jolie maison dans le Massachusetts, trois beaux enfants, un chien fidèle. Mais, à l’aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n’est pas passée à côté d’elle-même. Les infidélités de son mari ne sont plus un mystère et les cours de cuisine du jeudi ne suffisent pas à exalter sa vie monotone. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission : rédiger une note sur un manuscrit signé Aziz Z. Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l’amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne. Aziz – comme Shams l’a fait pour Rûmi sept siècles auparavant – serait-il venu la libérer ?


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BARRET
20 septembre 2010
Un très joli site, fort appréciable pour ses compte-rendus bien écrits, utiles et qui donnent envie de lire des livres le plus souvent particulièrement intéressants sur la condition féminine en général…!
charret
20 septembre 2010
Des comptes-rendus appréciables et appréciés qui balisent nos envies de lecture ou de relecture.
afef
25 octobre 2010
J’ai adoré ce livre. à tel point que je partageais avec mes mais les passages qui m’ont touché et surtout les 40 règles soufi.
ça m’a donné envie de pousser mon exploration de ce nouveau monde que je viens de découvrir : le soufisme.
je le recommande à toute personne en quête de soi et de dieu.
ley
26 décembre 2010
c’est un super livre, l’histoire se croise avec le monde d’avant et celui d’aujourdhui
zohor
27 janvier 2011
super livre…captivant et surprenant….
lichttun
19 février 2011
merci pour madame shafak qui nous incite a devenir RUMI si jamais on croserait notre Shams.
Julie
24 mars 2011
Très bien écrit et c’est une belle histoire. Mais je dois dire que, Madame Elif Shafak, elle a nulle part mentionné que Rumi est un grand poète PERSAN, c’est très décourageant. Rumi est ni Arabe et ni Turque. Tous ses poèmes sont en PERSAN et je trouve que c’est très dommage qu’une écrivaine comme elle ne dise pas la vérité dans son livre. Je suis découragée par ce livre.
Rastignac
15 septembre 2011
Bonjour,
Aujourd’hui, le soufisme joui d’un grand prestige auprès des non musulmans qui croient voir en lui une religion purement spirituelle, débarrassée du légalisme. Aussi la majeure partie des conversions d’Occidentaux à l’islam se fait-elle par ‘intermédiaire du soufisme qui donne l’illusion de pouvoir se tailler une religion à sa convenance. Mais un soufi est avant tout un Musulman : théologiquement les soufis sont le plus souvent littéralistes ; leur rôle et même leur devoir n’est pas de discuter sur Dieu mais d’en vivre par a méditation du Coran, l’ascèse, et les états mystiques. Chez lui les strates d’interprétation symboliques se juxtaposent à la strate des obligations légales sans l’abolir. Ceux qui ont cru pouvoir se dispenser de cette dernière ont été rappelés à l’ordre et éventuellement traités en infidèles, y compris par la majorité des autres soufis. Aussi ne saurait-on admettre la formule en vogue actuellement selon laquelle « le soufisme est ‘antidote de l’islamisme ». En réalité il lui sert plutôt de cheval de Troie. ^
Voie , « Les mots de l’islam » Dominique et Mrie (Thérèse Urvoy (Presses universitaires du Mirail).