A voice is a person de Boris Terk

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A voice is a person de Boris Terk, aux éditions Allia

Une leçon pour entendre.

Cet opuscule en langue française, de belle facture, ouvre la voie à l’amateur, au curieux et même au connaisseur en 70 pages. Loin de commettre une énième biographie sur Kathleen Ferrier, Boris Terk, usant de ses compétences d’orthodontiste comme il avait su le faire avec De l’incision, cet essai disséquant les mystères des rapports entre anatomie et gravure, se propose d’examiner les questions portant sur la voix et la personne. En s’investissant en 2006 dans la traduction française de Klever Kaff de Ian Jack, Boris Terk s’est constitué le socle lui permettant de nous offrir cette leçon pour entendre la voix .

  • La voix est-elle inséparable de la présence ?
     
  • Existe-t-il une différence entre voix féminine et masculine tant sur la plan de la communication émotionnelle que sur celui de la restitution des enregistrements ?
     
  • Est-t-il possible que l’écoute d’un enregistrement abolissant les distances, créant une relation “individuelle, intime puisse conduire à une relation quasi érotique ”?
     
  • Qu’est-ce que la voix de la femme a de si dangereux pour que
      - ChKol be isha erva, la voix d’une femme est sa nudité in le Talmud de Babylone, traité de Berachot.
       
      - Saint Paul interdisant aux femmes de chanter dans les églises, remplacées longtemps par des castrats
       
      - En Islam, la voix de la femme est awra. Ecouter chanter une femme « …et les oreilles, leurs adultères est d’écouter » Hadit du Prophète.
       
  • Pourquoi Kathleen Ferrier a-t-elle connu ses plus grands succès, son apogée en chantant en allemand? Est-ce parce qu’articulant l’allemand comme une anglaise, c’est la musique vocalique de l’anglais qui se substitue à l’allemand consonantique comme le fait le yiddish. “Qui a rendu plus poignants ces Chants des enfants morts, les Kindertotenlieder, que la voix sans apprêt, naturelle et sombre de Kathleen ?”
     
  • Les caractéristiques morphologiques de Kathleen Ferrier déterminent-elles cette magnifique voie de contre-alto ?
     
  • Le choix de Bruno Walter pour le Das Lied von Erde de Mahler, originellement prévu pour un ténor, donnera une interprétation inoubliable. « Lorsque je l’entendis pour la première fois, le timbre prenant de sa voix m’émut comme aucun son ou presque ne m’avait ému jusque là. » (B. Walter)
     

Et pourtant nonobstant la voie de la raison. « Dans l’écoute des disques de Kathleen Ferrier, il manque quelqu’un, et ce quelqu’un nous manque et nous manquera. Dans sa voix s’entend maintenant l’absence. A l’émotion, sa disparition ajoute l’aigreur et l’amertume. La reconstitution est un leurre. »

Cet opuscule offre pour un coût modique, pour ainsi dire gratuit au regard de la somme de connaissances nécessaire pour vulgariser avec autant de discernement et de compétence, une matière ouverte à tous et à toutes.

Boris Terk a œuvré pour rendre le monde meilleur en donnant cette leçon pour entendre, cette envie d’entendre Malher.

Lectori salutem, Pikkendorff

Chronique réalisée par Pikkendorff.

Présentation de l’éditeur

Formidable interprète, en particulier du Chant de la Terre de Gustav Mahler, la contralto anglaise Kathleen Ferrier s’est éteinte à 41 ans, terrassée par un cancer. À travers cet essai libre et subjectif, Boris Terk révèle les paradoxes qui animaient cet être d’exception : interprète hors pair d’un répertoire tragique et femme profondément joyeuse.

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  1. Profondément angoissée. Son répertoire parlait bien de ses émotions.

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