Après l'enfance de Julie Douard

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Après l’enfance de Julie Douard, aux éditions POL

4ème de couverture : « Si c’est au patron de ma mère que je dois la vie, c’est à son mari que je dois de ne pas avoir perdu celle-ci. Sans ce bouclier qui la protégeait de la honte, ma mère, qui aimait que les choses soient nettes, aurait probablement choisi de ne pas se laisser envahir. Mais le mariage et deux grands enfants nés avant moi la convainquirent qu’il ne s’agissait que d’agrandir la famille. Officiellement, je naquis en avance d’un petit mois sur le calendrier des prévisions gynécologiques. Par chance, j’héritai des yeux de ma mère et ne souffris aucune critique. J’étais le plus beau des trois d’après la nourrice qu’on m’infligea et qui, la pauvre, ne devait jamais se remettre de m’avoir trop caressé. »

Découverte assez enchanteresse que ce premier roman de Julie DOUARD.

Au travers de nombreux et courts chapitres et après quelques pages relatant son enfance et donnant le ton, celle-ci nous plonge en plein dans l’adolescence de son héros, l’année de ses 16 ans en particulier. Cette année, celle de sa 1ère sera riche en émotions qui feront grandir notre narrateur et le sortira ainsi de l’enfance, d’où le titre.

Tout d’abord, l’adolescent, dont nous ne connaitrons pas le nom, va apprendre de manière assez brutale, à la mort de son père, que celui-ci n’était en réalité pas son père biologique et qu’il a lui-même toujours ignoré ce fait.

Ceci explique peut-être la sensibilité et l’intelligence du narrateur au milieu d’une famille quelque peu « timbrée » : une sœur légèrement sadique et violente qui terminera matonne car sa mère pense qu’au milieu de détenues, elle lui paraitra plus digne d’amour et de tendresse, un frère obèse malheureux en France qui s’enfuie en Belgique et y trouve l’amour avec la marchande de frites, une mère qui découvre le monde de la nuit et des discothèques après la mort de son époux…

Cette année va également être celle où le héros du livre va découvrir le théâtre (activité choisie au départ car c’est l’endroit idéal pour draguer) et tomber amoureux de Rose, une camarade de classe loin des préoccupations futiles habituelles des adolescents et qui ne montre aucun intérêt pour lui ; au contraire de la prof de théâtre qui va lui faire un rentre-dedans très peu subtil. Pour séduire Rose, le narrateur va adopter toutes sortes de tactiques toutes aussi surprenantes et touchantes de naïveté les unes que les autres.

Les personnages, présentés par l’éditeur comme côtoyant l’univers d’Affreux sales et méchants, sont en effet assez loufoques, parfois bêtes et forment un contraste saisissant avec le narrateur qui étonne presque par sa normalité.

Un livre touchant, une vraie touche d’originalité, une jolie réussite pour un premier roman.

Chronique réalisée par Restling.

Présentation de l’éditeur

Dans son premier roman, Julie Douard a voulu redécouvrir les poses de l’adolescence, cette arrogance et ce misérabilisme qu’on affiche quand on a quinze ou seize ans. Lui sont revenus en mémoire ces premières fois, les palpitations, les déceptions, l’amour et le sexe qui ne font pas toujours cause commune, et surtout cet optimisme qui nous tient à cet âge car même lorsque tout va mal, on sait que l’on a devant soi le temps d’une vie pour voir venir. À la faveur d’une interrogation sur sa filiation le petit héros de Julie Douard va vivre un éveil des sens très agité, découvrir sous son vrai jour le monde des adultes, ses misères, ses turpitudes, son ridicule, et faire l’expérience douloureuse des intermittences du cœur.

Après l’enfance est un roman d’éducation assez particulier. D’une drôlerie pince-sans-rire, il emprunte parfois son univers à celui d’Affreux sales et méchants, avec notamment une galerie de personnages insensés, mais le décrit avec une écriture royalement stable, d’une hauteur tellement en contradiction avec son objet que cela crée un décalage original et très réjouissant.

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2 total comments on this postSubmit yours
  1. Je vais l’inscrire dans mes prochaines lectures.

  2. Tout à fait d’accord avec vous, j’ai beaucoup ri en lisant « après l’enfance » et au moins, il s’agit d’un auteur vivant qui respecte la concordance des temps et ne met pas tout au présent, ce qui devient rare.

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