Bamako Climax d'Elizabeth Tchoungui

Bamako ClimaxBamako Climax d’Elizabeth Tchoungui aux éditions Plon

Elliott est cadre supérieur à Paris. Français d’origine antillaise, né en Afrique, il est victime du plafond de verre social, mais aussi de cet enfermement mental. Prêt à tout pour réussir dans une société où l’élite reste blanche, il va même tomber amoureux d’Eléonore, parfaite fille de France, rejetonne d’une illustre dynastie industrielle.

Elio est italien. Sa mère est catholique. Son père, juif, est décédé. Il dilapide consciencieusement le capital familial dans des DVD de Woody Allen ou des voyages à Jérusalem, et traîne son désespoir de ne pas être totalement juif dans le Ghetto de Rome. Comment vivre avec une identité tronquée ? s’interroge-t-il. Pendant ce temps, le temps passe, et il n’en fait rien.

Mais le hasard met Elliott et Elio sur la route d’une même femme, Céleste, métisse afropéenne. Tous les deux vont l’aimer puis l’abandonner : elle les place devant leur faille identitaire. Elliott voit ressurgir l’Africain qu’il a enfoui en lui. Elio voit le fils à papa en quête de sens, et en arrière-plan, sa blanche famille peu accueillante envers Céleste. Le jour où Elliott et Elio prennent conscience de l’opportunité de plénitude qu’elle leur offrait, Céleste disparaît.

Chacun de leur côté, ils partent à sa recherche. Est-elle en France, en Italie, ailleurs en Europe ? A moins qu’elle ne soit en Afrique, la matrice, l’ultime refuge. Mais l’Afrique, c’est grand…

Mon avis :

Voilà une narration qui vous emporte, même si la présentation des personnages dure un peu, à la limite du palabre.

L’action ne commence vraiment que lorsque Céleste disparaît en Afrique, à la moitié du livre, dommage.

Dommage car l’Afrique est si bien vivante dans les mots de l’auteure, les relations inter-africaine également, et la place (ou la non-place du blanc) dans ce continent. Beaucoup plus imagée et intéressante à lire que les descriptions du microcosme parisien des premières pages avec des formules de 3 adjectifs un peu lassantes.

J’ai aimé l’Afrique toute en contrastes d’Elisabeth et le dépaysement procuré pour moi, petite blanche, rires….

Quelques bonnes formules, mais qui gâchent un peu le déroulement de la phrase qui serait plus fluide sans. Cela fait un peu « capilotracté » parfois, pour reprendre une expression de l’auteure.

Un roman dans la lignée du Goncourt de l’année dernière.

Bref, j’ai aimé cette lecture et j’espère encore être dépaysée par cette journaliste.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Elio dans une cérémonie vaudou (très bien rendue au demeurant, même si il nous échappera toujours, à nous occidentaux, la magie de la cérémonie).

Chronique réalisée par Mot-à-Mots

Lisez la chronique n°2 ici

Elizabeth Tchoungui présente Bamako Climax

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