
L’orfelin d’Alexandre Lacroix, aux éditions Flammation
J’ai lu L’orfelin d’Alexandre Lacroix. « La boucle est bouclée », Alexandre Lacroix achève cette trilogie de ses romans autobiographiques brillamment. Je ne me prononcerai pas sur De la supériorité des femmes et Quand j’étais nietzschéen qui sont les deux premiers tomes, car je ne les ai pas lus.
« Trois journées. Trois étapes décisives dans la vie d’un homme. Une halte, au cours d’une traversée des alpes à bicyclette, dans un camping au bord du lac Léman, en compagnie de deux femmes étranges. Un retour au pays natal, pour faire un dernier inventaire des affaires laissées par un père disparu vingt ans plus tôt. La naissance, dans une maternité parisienne, d’un petit garçon. Et chaque fois, le passé qui fait irruption, les démons de l’enfance qui reviennent ébranler toutes les certitudes. » {4ème de couverture}
Un petit garçon dont les parents sont séparés, Alexandre. Le père est alcoolique, la mère n’a pas beaucoup d’argent et habite à Paris. Il va de l’un à l’autre. Avec son père il fait des partis de flipper dans tous les cafés de la région pendant que son père boit. Avec sa mère qui veut refaire sa vie, il l’aide à trouver l’homme « idéal ».
Une journée près du lac Léman, la rencontre de cette femme dans le camping, puis la fuite. En quelque sorte. Son père est décédé il y a plusieurs années. Il s’est pendu. Le narrateur, son fils, alors jeune, est le premier à le voir pendu à cette corde. Image dont il ne pourra plus se séparer. Aujourd’hui la maison de son père va être utilisée, il fait les cartons. Les souvenirs de toute une époque ressurgissent alors.
Alexandre Lacroix n’est pas rédacteur en chef du magazine Philosophie pour rien. De la philosophie, il y en du début à la fin. Un livre qui fait réfléchir sur l’homme, sur sa façon de vivre et de faire face à certaines choses, et certains passages de la vie. La naissance, l’amour, la mort, les désirs et les envies, la peur… Des notions plus ou moins explicites.
Un résultat surprenant. Un livre qui touche. Une « boucle […] bouclée » plus rapidement que vous ne pensiez. Un livre a ne pas oublier en cette rentrée littéraire 2010.
Merci à Ulike pour ce livre.
Chronique réalisée par Myriam Thibault alias Angel-A.
Présentation de l’éditeur
Il me semble très improbable que le parcours d’une existence, de nos jours, suive la logique d’une Odyssée – c’est-à-dire d’une expédition qui nous force à quitter la terre natale pour aller conquérir le monde, puis nous permet d’y revenir après des années d’errance. Non, les vies que nous menons ne retourneront pas à leur point de départ. Elles sont faites d’arrachements successifs, par lesquels nous devons faire plusieurs fois le deuil de nos origines. Le village natal était autrefois une certitude, il est devenu un fantasme. – A.L.
Trois journées. Trois étapes décisives dans la vie d’un homme. Une halte, au cours d’une traversée des Alpes à bicyclette, dans un camping au bord du lac Léman, en compagnie de deux femmes étranges. Un retour au pays natal, pour faire un dernier inventaire des affaires laissées par un père disparu vingt ans plus tôt. La naissance, dans une maternité parisienne, d’un petit garçon. Et chaque fois, le passé qui fait irruption, les démons de l’enfance qui reviennent ébranler toutes les certitudes. Avec ce roman bouleversant et d’une rare maîtrise, Alexandre Lacroix, rédacteur en chef de Philosophie Magazine, achève une trilogie autobiographique commencée avec le récit d’une rupture amoureuse, De la supériorité des femmes (Flammarion, 2008), et poursuivie par l’évocation d’une crise d’adolescence, Quand j’étais nietzschéen (Flammarion, 2009).
Lisez la chronique n°2.


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Madame du B
1 février 2011
« Je suis, j’existe- mais il n’y a plus rien ni devant ni derrière. Comme le bleu du ciel : au-delà, se trouve le noir de l’univers, la privation d’oxygène et de lumière, l’immense néant cosmique, sans borne et sans contour. L’atmosphère n’est qu’une mince pellicule. Mais qu’elles sont belles, les modulations innocentes de son bleu. »
Cette citation reflète l’esprit général du roman autobiographique.
Ce récit retraçant les moments clés de la vie d’Alexandre Lacroix, où sont entremêlés un style sec et parfois presque assentimental et des passages d’émotion vive et profonde, s’apparente à une sorte d’auto-psychanalyse, d’auto-justification des liens unissant -ou pas – l’auteur et ses parents.
Engendré dans le malaise et la faute, d’une mère inaffectueuse et distante, et d’un père dépressif, lunatique et trop souvent absent.
Alexandre Lacroix se trouve ainsi orphelin très jeune, en étant aux premières loges pour assister au suicide de son père. On comprend ainsi l’aspiration de ses écrits… En retraçant par bribes les passages marquants de son enfance, c’est sa vie d’adulte et de jeune papa qui se dévoile et s’éclaircit -seulement partiellement- au fil des lignes, à travers des détails minutieux qui reflètent par là même l’attachement affectif de l’auteur à certains objets, certains évènements.
Utilisant une écriture se voulant improvisée et parfois même vulgaire et crue, Alexandre Lacroix cherche à comprendre ce lien paternel bouleversé et encore trop insondable… ce processus, ces abandons successifs qui l’ont fait orphelin.
AF
godelieve
29 mai 2011
Je crois que l’on ne naît pas père on doit le devenir pas la relation avec l’autre.
Il faut cesser le mythe que chaque homme qui est devenu père biologique est fait à l’immage de dieux le père.
master moraalwetenschappen