Mémoire vive de Vanessa Caffin – Chronique n°1

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Mémoire vive de Vanessa Caffin, aux éditions Belfond

Un style assez épuré, des répliques ironiques et piquantes. La lecture fut simple et rapide, sans grande prise de tête pour suivre le fil. Le contexte est moderne et permet une meilleure identification au(x) personnage(s) : on « EST » en quelque sorte, dans la peau de l’héroïne. L’idée de départ est aussi très intéressante/stimulante : la quête du passé (celle que tout le monde fait un jour ou l’autre). Sara affectée par la mort de son grand-père adoré va se réfugier dans une (en)quête sans queue ni tête qui va la faire souffrir et l’anéantir encore plus.

La recherche de la vérité est donc le point de départ, le point charnière de cette histoire et qui va rythmer le roman. Qui est vraiment Georges Simon ? Et Minouche, dit-elle la vérité ? Sara est-elle sur la bonne voie ? Où est la vérité, le mensonge… la folie ? Les frontières sont minces entre chacun de ces mots… On l’apprend aisément dans ce livre.

L’histoire est assez triste en fin de compte. On découvre des êtres perturbés par la mort de proches, atteints de folie, de maladie. On éprouve une certaine pitié pour les personnages de Vanessa Caffin : Sara (la journaliste et enquêtrice au bout du rouleau), Philippe (le père), Blanche (la mère), Mali (le demi-frère adorable) et même Alix (la « voleuse d’homme »). C’est assez triste. Où s’arrêtera la folie ?

Le fait de découvrir l’histoire à travers (principalement) les yeux de Sara rend la fin un peu prévisible (à cause de divers indices dispersés dans le récit) mais on est quand même étonnés/choqués de la voir écrite noire sur blanc. Car malgré tout, nous nous sommes attachés à Sara au fil du roman et on ne veut pas que cela se termine ainsi.
La toute dernière phrase quant à elle est affligeante. Pauvre Sara bercée par ses illusions…

En bref : belle découverte mais pas transcendante. Une idée intéressante. Une ambiance tendre et émouvante.

Note : 3.5/5

Extraits :

p.68 « Il ne faut pas plaindre les gens privés d’imagination, affirmait-elle. Eux, au moins, ne savent pas ce qu’ils ratent. Il faut plaindre les rêveurs, ces pauvres fous qui le savent trop bien. »

p.112 « Jo était un mari attentionné, certes, mais jusqu’ici, la touche « On » située au dos de la cafetière était restée un parfait mystère pour lui. L’heure était grave. »

p.131 « - Je te déteste.
- Et moi je t’aime. Le monde est mal fait. »

p.144 « L’arbre généalogique était intact ; plus question d’élaguer les branches superflues, et encore moins de scier le tronc. »

Chronique réalisée par S. Ecriture.

Présentation de l’éditeur

Du haut de ses 30 ans, Sara n’a jamais su pleurer. Elle ne peut pas ; son corps est sec. Elle vit seule, sans amis, et se tient à l’écart des hommes. Journaliste dans un grand quotidien, elle fait illusion auprès de ses collègues et de sa famille, qui la voient comme une personne curieuse et engagée, quoique indéchiffrable.

Alors qu’elle peine déjà à faire le deuil de son grand-père, sa grand-mère Minouche lui confie un secret. Elle a aimé pendant la guerre un autre homme, un peintre, qui serait son véritable grand-père. Bien décidée à retisser le fil de l’histoire, Sara part dans le Sud-Ouest à la rencontre de cet hypothétique parent. Mais comment enquêter sur ses aïeux quand on a soi-même tant de mal à construire sa vie ?

Confrontée à la mort, à la jalousie, à la maladie et à sa propre fragilité, Sara s’enlise dans sa quête et déterre peu à peu les secrets. Mais la vérité est peut-être plus insidieuse qu’on ne le croit… Et personne n’en ressortira indemne.

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