
Une affaire conjugale d’Éliette Abécassis, aux éditions Albin Michel
En quatrième de couverture, la phrase qui résume le livre : « Pour bien faire les choses, il faudrait commencer par divorcer. Et se marier ensuite ».
C’est une histoire de couple assez courante de nos jours. Après huit ans de mariage et la naissance de jumeaux, Agathe découvre que son mari Jérôme ne l’aime plus. Elle commence par le surveiller en fouillant son portable, son ordinateur, ses mails. Convaincue qu’il la trompe, une seule solution : le divorce.
Agathe résume ainsi : « Telle était l’histoire. Si je devais en faire un pitch, je dirais ceci : j’ai rencontré un homme. Je suis tombée amoureuse de lui, nous nous sommes mariés, nous avons eu des enfants. Aujourd’hui, cet homme est devenu mon pire ennemi. »
Nous suivons donc pas à pas le processus du divorce entre ce couple de quarantenaires, c’est un vrai parcours du combattant. On découvre alors le vrai visage de son conjoint, les masques tombent et il faut désormais lutter pour se protéger.
Il y a l’annonce aux enfants, Sacha et Max ont six ans et ils ne comprennent bien ce qui arrive, ils se croient coupables. « J’aurais préféré ne pas savoir. Maintenant je sais. Et la tristesse est dans mon cœur. Et je ne pourrai plus jamais l’enlever de mon cœur. »
Il faut réunir des témoignages auprès des proches, des amis, des connaissances. Il faut continuer à vivre dans le même appartement tout en faisant la guerre. « La tension était à son comble. Je sortais tous les matins pour accompagner les enfants à l’école avec ma valise. La nuit, je me couchais avec mon ordinateur, mon téléphone, mon agenda, tous les documents nécessaires pour le divorce, ceux que je lui avais pris et les miens, qu’il n’avait pas pu me prendre. Je dormais en chien de fusil, au beau milieu de mes affaires. »
Et la préparation du dossier qui est longue et coûteuse… « L’équipe du divorce était maintenant au complet. J’étais devenue à moi seule une PME qui employait une dizaine de personnes : un avocat, un notaire, un avoué, un expert-comptable, un détective, un coach de divorce et une psychiatre, sans compter les assistants et les secrétaires. J’avais vidé mon compte en banque, mais j’avais quand même fini par réunir toutes les pièces nécessaires à mon dossier. »
Avec ironie, sans aucune concession et avec férocité, Eliette Abécassis décortique et analyse les sentiments et les trahisons des deux protagonistes.
Le livre se lit facilement, j’ai suivi cette prise d’armes entre Agathe et Jérôme avec à la fois sourire, compassion et parfois colère. Il y a un même un certain suspens quand à la conclusion de l’histoire.
Un petit bémol sur le personnage de Jérôme qui est souvent décrit comme « un vrai salaud ».
Chronique réalisée par Claire, alias aproposdelivres.
Présentation de l’éditeur
Entre Agathe, parolière de chansons, et Jérôme, dirigeant d’une start-up, c’était le grand amour. Huit ans de mariage et deux jumeaux plus tard, tout a changé : elle écrit de moins en moins, happée par l’éducation des enfants ; il s’absente de plus en plus et la délaisse pour ses maîtresses. Bafouée, rabaissée, Agathe s’interroge : aura-t-elle le courage de demander le divorce ? Commence alors un chassé-croisé entre les époux qui se déchirent jusque devant les enfants, déterminés l’un et l’autre à en obtenir la garde, et, accessoirement, à triompher de l’autre. Agathe aura-t-elle gain de cause ? Pourra-t-elle surmonter la dévastation de son monde et de ses idéaux ? Aura-t-elle droit à une deuxième chance ?
Juste, drôle, émouvant et cinglant, ce roman délibérément ancré dans le monde contemporain, dévoile les dessous du divorce.
Lisez la chronique n°2
Entretien vidéo :

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LaFeeLibraire
21 août 2010
Bien sûr que le personnage de Jérôme est décrit comme un « vrai salaud »! En quoi celà serait-il un bémol à la qualité de ce roman? Et puis celà cadre réellement avec la définition de ce personnage donnée à la fin du roman par la psy d’Agathe: Jérôme est un pervers narcissique, et les pervers narcissique, dans la vie comme dans les romans sont de « vrais salauds ».
Eflor
10 mars 2011
Au delà du divorce, ce livre est un magnifique témoignage de l’emprise du pervers narcissique sur sa victime et la façon dont il procède pour l’isoler, l’isoler de la vie sociale et surtout des êtres les plus chers, comme la soeur !
Ces moments sont non justifiables auprès de la justice à ce jour, tellement ces instants vécus sont difficiles à décrire…et en ça, Merci à ces écrivains qui par la justesse de leur plume deviennent une aide notoire pour les victimes…Merci Eliette Abecassis…
sappez
15 mars 2011
ce qui n’est jamais dit, c’est que depuis le début, on sait ce qu’il va advenir et comme tout le monde se ment à soi-même, surtout les femmes, la chute est d’autant plus dure mais hommage aux femmes qui sont honnêtes, car elles choisissent la voie douloureuse d’être adulte et de refuser la médiocrité bien sûr, ce n’es pas non plus un blâme à celles qui restent et qui sont peut-être les plus réalistes : avoir la sécurité matérielle ou le simple refuge contre l’inconnu