C'est de l'eau de David Foster Wallace

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C’est de l’eau de David Foster Wallace, aux éditions Au Diable Vauvert

Les éditions du Diable vauvert proposent sous le titre C’est de l’eau une allocution de l’écrivain David Foster Wallace, prononcée à la promotion 2005 de Kenyon College. Le ton y est original mais pas moralisateur ni condescendant.

Il s’agit en quelque sorte d’une réflexion sur la façon « d’apprendre à penser ». Ce que Wallace essaie de faire comprendre aux étudiants assis face à lui, c’est qu’il ne suffit pas « d’apprendre à penser » mais qu’il faut avoir une « perception critique » de soi-même et de ses certitudes.

Le milieu dans lequel nous évoluons nous programme à penser par défaut et à rejeter en bloc ce qui est éloigné de nous. Il dit en quelque sorte aux étudiants de penser autrement et d’imaginer les situations différemment que ce que l’évidence ou l’immédiateté proposent.

« Apprendre à penser signifie bien apprendre à contrôler comment vous pensez et ce que vous pensez, dit il, ça signifie être assez ouverts pour choisir ce à quoi vous prêtez attention et pour choisir comment vous construisez le sens à partir de l’expérience. »

L’écrivain leur a donné quelques outils pour vivre au quotidien, ouverts au monde. Une belle leçon de vie pleine d’esprit. Une allocution que j’aurais aimé entendre au lycée ou pendant mes études supérieures.

Wallace s’est donné la mort le 12 septembre 2008. Il était âgé de 46 ans.

Chronique réalisée par La plume et la page.

Présentation de l’éditeur

David Foster Wallace était invité à parler devant la promotion 2005 de Kenyon College sur le sujet de son choix. C’est la seule allocution de ce type qu’il n’ait jamais faite.

« Au-delà des conneries, la véritable valeur d’une éducation aux sciences humaines devrait être la suivante : comment faire pour traverser votre vie d’adultes à l’aise, prospères et respectables sans être inconscients, serviteurs de votre esprit et de la configuration par défaut qui vous veut solitaires, royalement seuls, jour après jour après jour.
Libres d’être les seigneurs de nos minuscules royaumes taille squelette, seuls au centre de toute création.
Mais bien sûr il y a de nombreuses libertés et vous n’entendrez pas parler de la plus précieuse d’entre elles dans le vaste monde de ceux qui gagnent, qui accomplissent et qui affichent.
La liberté la plus importante nécessite de l’attention, de l’ouverture, de la discipline et la capacité de s’intéresser pour de vrai aux autres, de se sacrifier pour eux, encore et encore, chaque jour, avec une infinité de petits gestes pas très sexy.
Ça, c’est la vraie liberté.
Il n’est pas question de morale, de religion, de dogme ou de grandes questions chic de vie après la mort.
La vérité avec un grand V est celle de la vie avant la mort. »



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