Jours toxiques de Roxana Robinson – Chronique n°1

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Jours toxiques de Roxana Robinson aux éditions Buchet/Chastel

Julia Lambert est prof d’art à l’université et artiste peintre. Elle vit à New-York et possède une maison dans le Maine où elle passe ses vacances et trouve l’inspiration pour certaines de ses toiles. Divorcée, elle vit seule depuis un certain temps déjà. Cet été là, elle accueille ses parents pour quelques jours. La maison était déjà dans un triste état du temps où elle vivait avec Wendell, son ex-mari, alors maintenant… Son père, un vieil homme très autoritaire, ne se gêne pas pour observer tout ce qui ne va pas dans la maison de sa fille. Il remarque une fuite, ce qui a le don d’énerver Julia qui pense qu’elle l’aurait vu s’il y en avait vraiment une. Les rapports entre le père et la fille sont très tendus depuis des années. Avec sa mère, la situation est un peu plus facile même si cette dernière est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

La vie de Julia et ses états d’âme : voilà en gros, à quoi sont consacrées les 120 premières pages de ce roman. C’est un peu long et on ne voit pas trop où l’auteur veut en venir. Pourquoi autant de détails sur l’état de la maison ? Pourquoi tant d’explications sur les rapports compliqués de Julia avec ses parents et sa sœur ? Quel est le rapport avec la toxicomanie de son fils dont nous parle la quatrième de couverture ? C’est un mystère et ça le restera jusqu’à la fin.

Dans la deuxième partie, le moment tant attendu arrive enfin. L’histoire décolle ! Steven, le fils aîné de Julia, décide de venir rejoindre sa mère et ses grands-parents dans le Maine. Il a vu son frère Jack à Brooklyn et Julia attend avec angoisse de ses nouvelles. Jack a toujours posé des problèmes depuis qu’il est petit. Ses parents ont tout fait pour lui mais il est devenu marginal et ils ne savent pas de quoi il vit. Ou du moins ne veulent pas savoir… Quand Steven apprend à sa mère que Jack est devenu héroïnomane, elle refuse de le croire et met sa parole en doute mais elle est finalement obligée de regarder la réalité en face. Jack se drogue depuis des années mais depuis quelques temps, il est passé à un autre stade. Il ment et trouve toujours des combines pour que ses parents lui donnent de l’argent. Steven est allé chez lui. Il l’a trouvé dans un état de saleté épouvantable. Son appartement ressemblait à une porcherie. Ce n’est plus le Jack que toute la famille a connu. Il est devenu une autre personne à cause de la drogue.

Julia appelle son ex-mari et ensemble, ils décident de réagir pour sauver Jack. Ils font appel à un spécialiste qui leur propose une médiation avant une cure de désintoxication. Toute la famille se réunit : Julia, et Wendell, Steven, les grands-parents,  Harriet la sœur de Julia. Ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers pour Jack mais aussi pour tous les siens. Cette médiation est l’occasion pour chacun de poser les choses et de se remettre un peu en question mais on ne voit pas ce que l’analyse des liens familiaux a à voir avec la toxicomanie de Jack. D’ailleurs on ne sait pas pourquoi le jeune homme est devenu héroïnomane. Sa famille est-elle en partie responsable ? On ne le saura jamais car Jack est incapable d’expliquer quoi que ce soit. Il vit dans un autre monde où la seule chose indispensable et de trouver la toxique substance que son corps réclame à tous prix.

D’un côté la description de  rapports familiaux compliqués -mais pas plus que n’importe quelle famille- de l’autre un jeune homme qui court tout droit vers sa perte et des parents qui font tout pour sauver leurs fils, mais entre les deux, pas de lien. Alors soit il manque du sens à ce roman soit il n’y a pas vraiment d’explication à la toxicomanie de Jack. Dans les deux cas, c’est dommage d’écrire 580 pages pour en arriver là…

Chronique réalisée par Saxaoul

Présentation de l’éditeur

Julia Lambert, professeur d’art à New York et artiste peintre, accueille ses vieux parents pour l’été dans sa petite maison un peu délabrée du Maine, au bord de l’Atlantique. Elle veut s’occuper de son père, un ancien neurochirurgien autoritaire et de sa mère souriante et stoïque qui perd gentiment et inexorablement la mémoire. Mais Julia s’effondre et le tissu familial se déchire quand elle apprend de Steven, son fils aîné, que Jack, son fils cadet, au père incertain, se drogue à l’héroïne. Il n’a que vingt-deux ans. Héroïne. Le mot en résonnant avec incrédulité et angoisse dans cette famille cultivée, tolérante et a priori heureuse de la bourgeoisie américaine va transformer des jours de vacances en jours toxiques, et en un piège tragique. Car Julia veut à tout prix arracher au danger et à la mort son fils possédé par le velours noir que l’enfer de ses veines réclame goulûment. Pour le sauver, elle rassemble autour de lui, outre ses parents et Steven, Wendell, son ex-mari remarié, Hariett, sa soeur complexée et Ralph, un ancien héroïnomane devenu un professionnel de la désintoxication… Mais en s’invitant avec fracas au coeur d’un cercle familial élargi confronté pour la première fois à l’addiction, l’héroïne convie aussi le blâme, la rage, la honte, les regrets et les blessures de l’amour chez tous ses membres. Elle révélera les dysfonctionnements et les failles de chacun longtemps cachés sous des allures de bonheur. Et s’il est vrai que le bonheur a un prix, est-ce seulement à Jack d’en payer le lourd tribut ?…

Lisez la chronique n°2



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