Olive Kitteridge d'Elizabeth Strout

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Olive Kitteridge d’Elizabeth Strout, aux éditions de l’Archipel

Résumé

Olive Kitteridge ? Une professeur de mathématiques tyrannique, une femme au franc-parler, souvent blessante, capable pourtant d’élans de bonté. Olive, c’est aussi l’épouse de Henry, le pharmacien de Crosby, petite ville côtière du Maine, la mère de Christopher, qui emménagera à l’autre bout du pays pour fuir son étouffante présence… Une femme a priori peu aimable mais paradoxalement attachante, si humaine.

Olive Kitteridge est un roman au principe narratif original, composé de 13 nouvelles traversées par un personnage principal, comme autant de chapitres où les destins de différents habitants de Crosby s’entremêlent sur une période de 30 ans.

Dans ces 13 fragments d’existences, Elizabeth Strout aborde avec un humour sensible des thèmes aussi forts que le suicide, l’amour contrarié, la dépression, la vieillesse, la maladie ou le manque de communication entre des êtres pourtant proches.

Ce roman s’inscrit dans la lignée du Cœur est un chasseur solitaire et des Corrections : Stout brosse avec la même virtuosité que Carson McCullers et Jonathan Franzen une fresque polyphonique dont tous les personnages sont des héros ordinaires, avec leurs faiblesses et leurs grandeurs.

Avis

Une femme qui se considère comme une paysanne avec son franc-parler et son port robuste, cette femme qui se sent blessée et qui n’arrive pourtant pas à communiquer ; cette femme c’est Olive Kitteridge. Composé de 13 nouvelles dont le personnage principal dans certaines d’entre elles est Olive et où dans d’autres ne fait que passer, retrace la vie d’une communauté côtière du Maine ; ces gens parfois seuls ou incompris, gentils ou stupides ; une communauté « familiale » où tout le monde sait tout.

Olive était enseignante de math, épouse d’Henry le pharmacien et mère de Christopher le podologue, c’est quand même pas mal pour une vie qui aurait pu être bien remplie surtout par la joie et l’amour, mais rien ne se passe jamais comme on le souhaite, les épreuves de la vie nous changent et nous endurcissent. Elle est le personnage fort de ces nouvelles, ces états d’âmes donnent le ton aux récits, colérique voire même très triste, pleine de préjugés ou de compassion, elle est tout à la fois. Un être énigmatique voire lunatique.

13 récits qui la mettent en avant sans pour autant savoir finalement quelle a été sa vie car perçoit sa propre vie apparemment différemment de son fils qui l’accuse d’être une femme capricieuse, ce fils avec qui elle a tant de mal à communiquer, elle sait être gentille et attentive avec les autres mais se connait que la brusquerie avec les siens. Finalement d’un personnage simple et rural on passe à un être complexe, difficile parfois à cerner ; pas du tout sentimentale mais plutôt empathique comme si les peurs des gens la faisait sombrer aussi et que la vie de la rue lui redonner du sens à la sienne.

Très bien écrit, le roman aborde des thèmes importants comme la famille, la mort, la vieillesse et la solitude. La structure de ce « roman » est même surprenante car en utilisant de courts récits, l’auteur nous plonge dans la vie de cette femme, dont les 13 nouvelles s’étalent sur plusieurs années ; sous son mauvais caractère Olive cache évidemment d’autres sentiments bien plus douloureux et son malaise face aux changements mais reste une femme qui se dissimule sous son physique de femme robuste pour éviter d’être disséquer par une ville et d’être trop comprise finalement.

C’est un livre qui dit vrai ! Tout n’y est pas rose, tout ne se passe pas toujours bien mais on s’attache à Olive car après réflexion il fallait juste qu’elle trouve une épaule assez solide sur laquelle pleurer un bon coup !!!

Chronique réalisée par Stemilou.



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