Un océan de pavots de Amitav Ghosh

Un océan de pavotsUn océan de pavots de Amitav Ghosh aux éditions Robert Laffont

1838, une goélette apparaît en vision à Deeti qui vit pourtant à des centaines de kilomètres de la mer. Un propriétaire terrien est ruiné. Un métis devient officier de bord. Une jeune femme fuit un mariage arrangé. Un jeune batelier réalise son rêve d’embarquer sur un navire haute mer. Un homme simple sauve son amour.

Tous vont se retrouver sur l’Ibis en route vers l’île Maurice.

Un océan de pavots avait tout pour me plaire: une grande fresque mêlant amour, grande et petite histoire, guerres intimes et luttes politiques. J’étais séduite d’avance. Et pourtant, pourtant… Je ne terminerai pas Un océan de pavot. Non que ce soit un mauvais roman, loin de là. Amitav Ghoshconstruit une intrigue complexe, foisonnante, installe une galerie de personnages comme on en voit rarement, travaille ses rebondissements comme un orfèvre et la langue jusqu’à rendre les sonorités des langages qui se croisent, se mélangent, s’irriguent les unes aux autres. Mais premier tome d’une trilogie, le roman pêche par ses excès: à force de croiser les personnages, d’alterner les points de vue, d’installer par petites touches ses décors, Amitav Ghosh plombe son récit. Impossible de s’attacher aux personnages, impossible de ne pas bailler à certains passages et de ne pas regretter que d’autres ne soient pas plus longs. On s’embrouille un peu, on peine à retirer les fils de l’intrigue. En ce qui me concerne, le moment où ils se lient est arrivé trop tard, j’avais déjà perdu tout intérêt pour les personnages et leur histoire malgré le romanesque incontestable de leurs destins.

J’ai pourtant aimé voir se dessiner l’histoire d’une période où le commerce se développe, ou la colonisation prend son essor, où les hommes migrent au gré des revers de fortune, où le racisme est une réalité et presque une normalité. D’autant que l’auteur transcrit à merveille les mentalités et les comportements et des colons et des indigènes qu’ils méprisent tant et que son travail sur le monde de la mer et les langues et dialectes est étonnant. Le commerce du pavot, les grande compagnies commerciales et leur influence sur les colonies, les migrations forcées, la ségrégation raciale, le contexte utilisé est riche, dense, trop sans doute pour qu’il soit possible de faire plus qu’effleurer des sujets qui a eux seuls auraient mérité un roman.

Une rencontre ratée à mon grand regret

Chronique réalisée par Audrey Caillot

Quatrième de couverture :

En 1838, des personnages venant d’univers aussi variés que celui des esclaves venus des États-Unis, des rajas indiens, des opiomanes chinois et des lascars cosmopolites se retrouvent embarqués à bord de l’Ibis, une goélette en route pour l’île Maurice.

« Impossible d’imaginer un auteur contemporain avec lequel il est aussi palpitant d’aller aussi loin, aussi vite. » The Times

L’Ibis, ancien transporteur d’esclaves reconverti en navire marchand, est au cœur de cette extraordinaire saga indienne. Parti de Baltimore, aux États-Unis, il rejoint Calcutta pour embarquer une cargaison de coolies attendue à l’île Maurice. Parmi eux Deeti, une paysanne ruinée par le commerce de l’opium tenu par les Anglais et qui accule les paysans indiens à la misère ; Kuala, son amoureux, qui l’a sauvée du bûcher funéraire sur lequel elle avait décidé de mourir ; Paulette Lambert, une jeune Française qui se fait passer pour indienne afin d’échapper au mariage sordide auquel l’a condamnée son tuteur ; enfin Jodu, son frère de lait, un jeune Indien, qui s’est engagé comme mousse sur l’Ibis, mais ignore la présence de Paulette parmi les coolies, à l’instar de Zachary Reid, le commandant en second, un Noir qui a tout l’air d’un Blanc et qui risquerait sa carrière si cela venait à se savoir. Dans les flancs de l’Ibis sont également enfermés deux prisonniers condamnés à l’exil : Neel Rattan, un raja trahi par son créditeur anglais, et Ah Fatt, un métis de Chinois et d’Indien, opiomane. Sur le pont, Baboo Nob Kissin est chargé de la surveillance générale. Convaincu que sa sainte tante, qu’il a aimée par-dessus tout, va se réincarner en lui, il se laisse envahir par la pitié et vient en aide aux prisonniers.



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