L'ennemi du bien de Stéphane Denis

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L’ennemi du bien de Stéphane Denis, aux éditions Grasset

Cette histoire fait suite à Un parfait salaud, (que je n’ai malheureusement pas lu), publié chez Grasset en mars 2009 et dont voici le résumé proposé par l’éditeur sur son site.

« Mauvais créatif dans une agence de publicité, mauvais homme de marketing, piètre acteur de seconde zone dans des rôles de « parfait salaud », Paul Jarvis finit par trouver sa voie en devenant un romancier scénariste-dialoguiste à succès, à la fin des années 1970. Au début du roman, tout lui réussit : aisance matérielle d’une vie luxueuse à Palma de Majorque, présence rassurante de sa troisième épouse, Isabel, après deux fiascos conjugaux (« Je n’ai jamais su pourquoi ma seconde femme et moi nous sommes séparés. Je suppose que cela faisait partie de son programme de la semaine. Mardi, rôti de veau. Jeudi, quitter cet imbécile. J’avais toujours l’impression, quand je la croisais, que j’avais oublié de me laver les dents. ») ; amitié indéfectible avec son agent et complice George Willie ; collaboration sans nuage avec sa secrétaire efficace, Clara Saint. Mais voilà qu’un beau jour, la machine se détraque : pas une simple panne d’écriture, mais la stérilité totale, le vide, l’abîme, durant huit jours… Et à l’aube du neuvième jour, la copie miraculeuse d’un début de scénario génial trouvé sur son bureau. Qui a écrit à sa place ? Lorsque Clara Saint prend brutalement possession de son corps et de ses sens après avoir pris peu à peu possession de son énergie créatrice, et qu’il se sent menacé d’être exposé à la fois comme mari adultère et auteur mystificateur, voilà Paul piégé. Il songe d’abord à planifier sa propre disparition, puis, croyant être manipulé par le couple diabolique formé de sa maîtresse et de son agent, à assassiner l’une en faisant passer l’autre pour son meurtrier. Le crime parfait, en somme, dont tant de souvenirs de films lui dictent la machination. Mais il n’y a pas de parfait salaud dans le monde réel : si crime il y a, chacun finira par tomber pour celui qu’il n’a pas commis…

Au début de L’ennemi du bien, nous retrouvons Jarvis, incarcéré dans une prison de Palma de Majorque. Nous sommes en 1981. Un jour, Jarvis reçoit la visite de Georges Billie, son ex-ami et agent du temps où il était libre et un romancier scénariste-dialoguiste à succès. George lui propose un « marché » :

« - Tu vas t’évader. En échange de l’abandon d’une bonne part de tes biens, tu gagneras un autre pays où t’attendra une nouvelle vie. »

C’est ainsi que Jarvis se retrouve en Amérique du Sud, dans la clinique du Docteur Puig, où il doit subir une opération de chirurgie esthétique destinée à modifier son apparence, mais surtout lui construire une autre personnalité en lui faisant bénéficier des recherches sur l’ARN et les modifications de la mémoire du Professeur Siodmak, biochimiste prix Nobel et associé au Docteur Puig. L’opération réussie, Jarvis apprend qu’en fait, Siodmak est mort et que c’est son ARN qu’on lui a injecté.

Très rapidement, Jarvis est pris d’accès de violence dont il n’était pas coutumier. Sous une nouvelle identité, il va s’installer en Suisse à Bâle et peu à peu des souvenirs qui ne lui appartiennent pas rejaillissent, ainsi qu’un nom Hassler. Jarvis va découvrir que Sodmiak et Hassler ne faisaient qu’un et qu’avant d’être l »éminent chercheur en biochimie qu’il était devenu en Amérique du Sud, Hassler était un des pires criminels de guerre nazi….

J’ai aimé la façon dont Stéphane Denis nous montre l’installation progressive des troubles dissociatifs chez Jarvis, et ses luttes internes contre cette personnalité duale, violente et dangereuse, qui prend petit à petit le pas sur celle d’origine. Néanmoins, j’ai trouvé la partie centrale du livre, consacrée aux crimes de guerre de Hassler/Sodmiak un peu longue.

J’ai aimé le style froid, presque cynique, que j’ai trouvé en adéquation avec l’histoire.

Note : 15/20

Chronique réalisée par Stef.

Présentation de l’éditeur

Considéré comme un parfait salaud pour avoir organisé un meurtre qu’il n’a pas commis, et condamné à mort, le célèbre scénariste Paul Jarvis a réussi à s’échapper de sa prison de Palma de Majorque. Direction : L’Amérique du Sud où le docteur Arturo Puig est supposé lui refaire un visage et une identité. En réalité, Puig fait de lui le cobbaye d’une expérience : il modifie son identité profonde en altérant son ARN (le siège de la mémoire).

« Le jour vint où l’on me jugea suffisamment moi-même pour devenir un autre » : mais qui est-il vraiment devenu ? Pourquoi son sommeil est-il agité de cris, de souvenirs d’incendies et d’émeutes ? A qui appartient l’argent déposé à son nom dans le coffre d’une banque bâloise ? Pourquoi parle-t-il allemand et se souvient-il si bien des ruelles de Riga ? Quel destin pour un homme de bien devenu un salaud malgré lui ? Et quelle rédemption ?

D’Amérique du Sud à Riga en passant par la Suisse endormie, des forêts lettones où l’on massacre aux montagnes helvétiques, Stéphane Denis déploie son imagination et sa fantaisie, empruntant à la science contemporaine et à une documentation très précise sur un épisode méconnu de l’histoire de la deuxième guerre mondiale le prétexte à un roman vif qu’on lit d’un souffle.



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