Nos coeurs vaillants de Jean-Baptiste Harang – chronique n°1

Nos coeurs vaillants de Jean-Baptiste HarangNos coeurs vaillants de Jean-Baptiste Harang aux éditions Grasset

Voilà un roman que je n’aurais jamais eu la curiosité de lire si Abeline des chroniques de la rentrée littéraire ne me l’avait pas mis entre les mains. Et je dois dire que c’eût été dommage.

Tout commence par une lettre anonyme que reçoit l’auteur. Elle semble venir d’un ami aigri qui se plaint de ce qu’il a été oublié par l’auteur. En effet, ce dernier s’est servi de nombreux de ses anciens amis dans ses précédents écrits mais semble ne pas avoir trouvé pertinent de mentionner l’auteur de cette lettre mystérieuse.

Cette lettre marque le début d’interrogations et de recherches au sein des souvenirs de l’auteur qui va nous raconter son enfance, son adolescence, la colonie de vacances et cet abbé aux manières des plus douteuses. On va assister à un regard personnel sur le siècle écoulé, y rencontrer des personnages qui sont de grands noms de notre société.

Un texte qui mêle la lettre de celui dont on saura assez vite l’identité, l’analyse de l’auteur quant à la missive et le reflux des souvenirs.

Je dois dire que c’est un roman bien écrit et qui se lit avec beaucoup de fluidité. Des choses graves y sont distillées mais avec beaucoup de pudeur, notamment l’absence de cette Agathe dont on ne sait ce qui est lui arrivé mais pour laquelle on pressent le pire. Une vraie réflexion sur les rapports humains en quelque sorte, sur la jalousie, sur la difficulté de reprendre contact, de replonger dans son passé.

Un roman qui semble servir d’exutoire mais également de manière de raviver la mémoire, de rechercher tout ce qu’on croyait oublié.

Chronique réalisée par Mille et un pages

Quatrième de couverture :

On ne répond pas à une lettre anonyme, quand bien même on en démasquerait l’auteur.

Faut-il seulement la lire ?

A l’origine de ce roman, une lettre mêle amitié et amertume, complicité et reproche, dépit amoureux, nostalgie aiguë, doléances et confidences. Soupçons. Révélations ?

Ce courrier, reçu par Jean-Baptiste Harang d’un camarade de jeunesse qui se plaint de ne pas apparaître dans ses livres, n’est donc pas signé. Dès lors ressurgissent le temps perdu, les fantômes qui s’y meuvent, du premier mort aux premières amours, au fil des souvenirs de patronage et de colonie de vacances, dans le Paris oublié des années cinquante, son XVIIe arrondissement, ou bien au fond d’une vallée du Jura qui semble plus ancienne encore. Un vert paradis, où brille Agathe, par son absence. Un vert paradis où règne en maître l’abbé T., et son encombrante affection.

Les mots et l’émotion affrontent des silences trop longtemps tenus, Nos cœurs vaillants poursuit le cours d’une mémoire empêchée et cependant en quête d’elle-même, les tours et détours de l’esprit cherchent à comprendre ce qui, dans ses jeunes années, et toute sa vie depuis, lui a incroyablement échappé… Mais qui vous impose de vous rappeler ce qui vous encombre, et d’oublier ce qui vous manque ?

Né en 1949 dans la Nièvre, Jean-Baptiste Harang a été longtemps journaliste à Libération et collabore régulièrement au Magazine littéraire. Il est l’auteur chez Grasset de Le Contraire du coton (1993), Les Spaghettis d’Hitler (1994), Gros chagrin (1996), Théodore disparaît (1998), La Chambre de la Stella (2006, Prix du Livre Inter).

Lisez la chronique n°2



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin