Alice Kahn de Pauline Klein

Alice kahnAlice Kahn de Pauline Klein aux éditions Allia

Alice Kahn est le premier roman de Pauline Klein. L’auteur nous plonge dans le monde parallèle de l’héroïne. Celle-ci se définit comme transparente, et se crée alors des personnages, des rôles. Par hasard, elle devient « Anna » à la terrasse d’un café parce qu’un homme l’interpelle par ce prénom. Elle devient alors « Anna », devenant malléable aux attentes de William.

Comme chaque fois, je m’absente, pour laisser la place, le choix, de qui l’autre voudrait que je sois. Je me laisse entraîner à sa suite, pour qu’il ne me voit pas, qu’il ne me prenne pas en flagrant délit de ne pas être cette fille, cette femme peut-être, l’autre, la bonne. (p.21)

A l’ouverture du roman on est un peu surprise, on a un peu de mal à prendre ses marques, et puis on entre dans la logique de l’héroïne, et on se laisse emmener dans un Paris au mois d’août, un Paris des Galeries d’art, du Musée de la Vie Romantique.

Car en plus d’une idée intéressante sur le rôle social, Pauline Klein fait ici une critique assez mordante du monde de l’Art Moderne et des Galeries parisiennes. L’héroïne crée une artiste, Alice Kahn, qui insère dans les musées ou les expositions des éléments étrangers, des portraits de femme achetés dans des brocantes, en les posant parmi les collections…. généralement personne ne s’en rend compte. On peut douter un peu de la vraisemblance de cet acte, mais tant pis, cela est assez réjouissant de se dire qu’une simple photo peut passer pour une œuvre à 2000 euros.

J’ai aimé le style léger, fluide qui nous fait tourner les pages sans accrocs. On peut regretter quelques répétitions dans les réflexions et les situations, mais de façon général c’est un roman que j’ai apprécié malgré une entrée en matière un peu déstabilisante.

Enfin, l’objet livre est magnifique. J’aime beaucoup la couverture, et le papier est doux, soyeux, ce qui est très agréable d’autant plus pour un livre parlant d’art.

Belle découverte donc que ce premier roman de la Rentrée 2010 !

Chronique réalisée par George Sand et moi

Quatrième de couverture :

A la suite d’un quiproquo, la narratrice se substitue à Anna, et fait sous cette identité la connaissance de William Stein, un artiste photographe bien établi, qui croit la connaître et lui confie ses états d’âme. Par manque de confiance en elle, la narratrice se laisse modeler par Anna et créée Alice Kahn, une artiste qui se serait approprié des droits d’auteur sur le silence.

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1 comment on this postSubmit yours
  1. Voilà qui est tentant… Mais j’avoue que j’ai peur de ne pas croire à cette histoire, d’être trop sarcastique… Surtout l’histoire des fausses oeuvres intégrées dans les expos…
    Je le note quand même, au hasard d’une rencontre.

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