Le confident d’Hélène Grémillon – chronique n°1

Le confident d’Hélène GrémillonLe confident d’Hélène Grémillon chez Plon

A la mort de sa mère, Camille reçoit de nombreuses lettres de condoléances. Parmi elles, une plus épaisse, une d’un genre différent, une sorte de confession. Un homme, Louis, entreprend le récit de sa vie et de celle d’Annie. Une histoire d’amour à première vue, mais pas seulement.

Camille ressent très vite un malaise, se demandant pourquoi ce courrier lui est adressé. Cela la regarde-t-il ou est-ce l’éditrice qui est visée par ce qui ressemble au début d’un roman ? Elle se rassure très vite, confrontant les noms, les lieux, les dates. Rien ne colle, mais tout s’effleure…

Voilà un roman polyphonique dans lequel plusieurs voix s’entremêlent. Celle de la narratrice, de celui qui lui envoie les lettres, puis le long récit d’Annie. Et pour terminer une dernière voix qui se superposera et donnera encore un autre éclairage au texte.

Ce premier roman est une réussite à bien des égards. Tout se dévoile très progressivement sans pour autant que le rythme ne soit pas soutenu. Au fil de la plume de Louis dans un premier temps, on découvre avec Camille d’autres vies, une autre époque. Des secrets surtout… tous plus touchants les uns que les autres. C’est un roman qui parvient à mêler habilement le fond historique et le récit de plusieurs vies gâchées, brisées.

Le thème de la maternité est traité de manière touchante et audacieuse, si c’est possible de l’exprimer ainsi. En effet, Louise va porter un enfant pour une autre femme et va avoir le courage de ne pas revenir sur sa promesse. Une autre femme qu’elle va donc élever cet enfant mais s’abaisser à de nombreux mensonges afin de tenter de préserver l’équilibre de sa famille. Des hommes aussi vont souffrir de tous ces choix. Des familles vont se retrouver déchirées par cet accord qui ne semblait au départ engager que deux femmes.

Même si le roman ancre son intrigue au milieu du XXe siècle, le débat autour de celles que l’on appelle les « mères-porteuses » est loin d’être terminé. Et dans ce roman, il est impossible de se faire un avis tranché sur la question. Et ce, pour la simple et bonne réponse que derrière chaque histoire, il y a des gens. Des gens différents, aux passés différents, aux sentiments différents et qui aspirent à des choses différentes. Ce roman fait s’effondrer nos certitudes les unes après les autres, de manière brute et inattendue souvent. Le lecteur découvre pas à pas, au même rythme que Camille, tout ce qui fait le suspense de ce récit et donc sa force. Bien que ce ne soit pas un thriller, les révélations successives n’en sont pas moins à couper le souffle. Jusqu’à la dernière page, jusqu’au tout dernier mot, le lecteur encaisse révélation sur révélation.

Un très beau livre, une bien jolie plume, des personnages que l’on n’oubliera pas de sitôt. On aimerait n’avoir à lire que des premiers romans de cette trempe.

Chronique rédigée par Mille et une pages Stéphie

Quatrième de couverture :

Au milieu des mots de condoléances qu’elle reçoit à la mort de sa mère, Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu. Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance recèle un terrible secret qui la concerne.

Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre mondiale, ce roman mêle récit historique et suspens psychologique dans un scénario implacable.

Hélène Grémillon a 32 ans. Le Confident est son premier roman.

Lisez la chronique n°2

Hélène Grémillon présente Le confident


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4 total comments on this postSubmit yours
  1. Un très bon premier roman d’une jeune romancière de talent.

    Lire l’élogieuse recension de Mohammed Aïssaoui dans le « Figaro Littéraire » du 7 octobre.

    Hélène Grémillon est un auteur à suivre…

  2. Un auteur à suivre, oui ! Elle n’est pas tombée dans certains travers de nombreux premiers romans ! :)

  3. Hélène,

    J’ai mis des « post-it » partout pour le jour où vous me dédicacerez, s’il vous le plaît, votre roman. Et surtout, j’ai beaucoup pleuré en lisant  » Le confident « .
    Comme la Vie est forte et belle malgré TOUT!
    Comme vous, je suis femme, mère, et moins commun, j’étais également C-R quand j’ai rencontré un Julien qui m’a présenté le père d’une vraiment Divine Enfant.

    Comme vous l’écrivez si délicatement; « Ce ne sont pas les autres qui nous infligent les pires déceptions, mais le choc entre la réalité et les emballements de notre imagination. »

    Je connais le « choc » du secret. En fait, comme le chante si bien Serge Reggiani, « J’ai une sainte horreur du mensonge »…
    Un mec, « Jaloux de plus que tout », souvent me jetait ses disques à la figure.

    Vous écrivez également très finement: « La manipulation psychologique est une arme comme une autre, ni plus ni moins faillible, la seule en tout cas qui permette le crime parfait. ».

    Vous m’avez fait pensé à Virgirnia Woolf dont je suis fan bien sûr, mais, si je m’adresse à vous aujourd’hui, comme vous l’avez déjà compris, c’est parce que vous êtes tellement vivante!!!

    Si, pour fêter cela, nous faisions autour de nos enfants un feu de joie???

    Bravo et merci.

    Nathalie

  4. Je viens de terminer la lecture de ce roman, qui m’a beaucoup touchée et dont l’écriture est fluide et attachante, de par ses multiples rebondissements, justement un peu trop, parce qu’au fil des chapitres, je ne savais plus qui parlais, cette construction très particulière m’a gênée, alors que c’est un récit poignant à bien des égards !

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