Onze rêves de suie de Manuela Draeger

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Onze rêves de suie de Manuela Draeger, aux Éditions de l’Olivier

Il ne va pas m’être facile de parler de ce livre, étant donné qu’après sa lecture, je me sens encore un peu confuse vis à vis de ce que je viens de lire…

Je dois avouer que le début m’a proprement énervée. Plusieurs phrases sont répétées inlassablement pendant presque une dizaine de paragraphes. Seul le contenu du paragraphe entre deux de ces phrases. Heureusement, cela cesse à la 35ème page.

Mais parlons plutôt de l’histoire. Elle nous présente Imayo Özbeg, jeune homme d’un ghetto baigné dans la politique et les idéaux extrémistes. Alors qu’avec d’autres jeunes, il prépare une action coup d’éclat, la situation tourne au pire et les voilà tous prisonniers des flammes. Ils se remémorent leur enfance, bercée par la violence des adultes et des peurs qu’ils leurs inspirent, du matraquage politique semblable à un lavage de cerveau, des cadavres qui jonchent parfois jusqu’aux murs de leur classe. Le récit de leurs souvenirs sont entrecoupés par les contes que leur raconte la Mémé Holgolde, un peu la grand-mère de tout les orphelins. Ces contes mêlant métaphores politiques et onirisme délirant nous accorderont des pauses dans les explications de ces enfances misérables, un peu comme une gorgée d’oxygène avant de replonger dans une apnée sombre.

J’ai été assez déstabilisée par ce livre, ne sachant pas encore maintenant si j’en ai apprécié la lecture ou non.
Certains passages n’avaient, pour moi, ni queue ni tête et j’en ai parcouru plusieurs avec ennuis. D’autres au contraire attisaient mon intérêt et arrivaient à me tirer avec eux dans ces existences effroyables mais fascinantes par bien des points. Le style d’écriture est parfois lourd, chargé et pénible, d’autres fois il est incisif, précis et agréable.

J’ai refermé ce livre en étant toujours aussi sceptique qu’au début, mais au final assez contente d’avoir fait cette découverte qui sortait carrément de mes goûts habituels.

Ce fut au final une expérience intéressante, et je garderais un souvenir doux-amer des récits peu communs de ces enfants qui auront marqués toute une ville.

Chroniqué réalisée par Archessia.

Présentation de l’éditeur

À l’occasion d’une manifestation interdite, la Bolcho pride, un groupe de jeunes gens se lance dans une opération gauchiste qui échoue. Ils se retrouvent piégés dans un bâtiment en flammes. Ils invoquent alors la figure de la Mémé Holgolde, une grand-mère immortelle qui a dominé leurs années d’orphelinat, de ghetto et de violence, et qui a formé leur sensibilité à la révolution mondiale et au merveilleux. Tandis que l’incendie fait rage, ils se remémorent le monde qu’ils ont connu, peuplé de soldats, d’invalides, de pogromistes, d’enfants inquiets et d’adultes qui n’ont plus d’espoir. À leurs souvenirs se mêlent les contes de leur enfance, en particulier les aventures de l’éléphante Marta Ashkarot, qui marche sans fin d’existence en existence… Et bientôt eux-mêmes deviennent des créatures féeriques : des cormorans étranges qui maîtrisent l’écoulement du temps et vivent dans le feu. Immobiles dans le brasier, ils échangent fraternellement leurs identités. Ils rêvent. Ils écoutent une célèbre chanteuse soviétique. Leurs mémoires se rejoignent. Ils sont ensemble. Pour toujours.

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1 comment on this postSubmit yours
  1. Je viens de finir ce livre moi-aussi et j’en sors déstabilisée mais c’est parce que j’ai l’impression de lire quelque chose qui est en moi, une des ombres de mes cauchemars. Je le lis comme un poème, comme une incantation, comme des mots d’un rituel chamanique. Ce livre s’inscrit dans l’oeuvre d’Antoine Volodine. C’est l’un des auteurs imaginaires qui prend vie par ce livre dans la réalité. Il faut lire aussi « Ecrivains » de Antoine Volodine au seuil, où il décline toutes les facettes de l’acte d’écrire dans des conditions de survie.

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