Désirer de Richard Flanagan

désirer richard flanaganDésirer de Richard Flanagan aux éditions Belfond

Désirer est un bon roman pour l’été, un bon « best-seller », comme savent en faire les anglo-saxons, plutôt qu’un roman de rentrée littéraire.

Le roman se déroule à la fois en Australie et en Angleterre, mais pas au même moment.

Sir John et Lady Jane Franklin, Vice-Roi et Vice-Reine de la terre de Van Diemen (Tasmanie), adoptent Mathinna, une enfant aborigène dans le but de démontrer « scientifiquement » qu’une« sauvage » peut être civilisée et éduquée comme une anglaise. L’expérience se révélera plus que désastreuse, surtout pour l’enfant qui ne répond pas aux attentes de l’expérience et va être abandonnée dans les pires conditions.

En toile de fond, le roman met en évidence les maux de la colonisation sur le peuple aborigène et sa souffrance.

Des années plus tard, Lady Jane va trouver Charles Dickens à Londres. Elle est devenue veuve à la suite d’une expédition polaire dont son mari n’est jamais revenu. Des rumeurs de cannibalisme entachent la mémoire de Sir John, elle désire le faire réhabiliter.

Charles Dickens va prendre fait et cause pour Sir John et l’histoire va lui inspirer une pièce de théâtre qu’il écrira avec Wilkie Collins : Glacial abîme.

Ce qui frappe dans le roman, c’est le sentiment de supériorité qui habite les Anglais. Charles Dickens va démontrer qu’on ne peut pas croire les paroles de peuples qui ne sont pas civilisés.

Désirer, c’est aussi le roman de la frustration (ou du désir). Entre ce que chacun voudrait faire et ce qu’il est convenu de faire. Mathinna aurait voulu rester auprès de son père, Lady Jane avoir un enfant à aimer, Sir John a des pensées perverses envers l’enfant, et enfin Charles Dickens, défenseur du mariage, se laisse émouvoir par une jeune actrice.

L’écriture est agréable, les changements de lieux et de temps lui donnent du rythme, même si le lecteur pressent la fin à l’avance.

Chronique réalisée par Isabelle Galy

Quatrième de couverture :

Dans une colonie anglaise de Tasmanie, un peintre fait le portrait d’une petite aborigène. Elle se prénomme Mathinna, elle est la fille adoptive de Sir John Franklin et de Lady Jane. Pour le gouverneur et son épouse, l’éducation de la fillette doit illustrer le triomphe de la civilisation sur l’état sauvage.
En quelques mois, Mathinna devient la coqueluche de la colonie, avant de connaître un destin tragique…

Des années plus tard, Londres bruit du scandale entourant la disparition de Sir Franklin, accusé de cannibalisme lors de sa dernière expédition. Désireuse de laver la mémoire de son mari, Lady Jane se tourne vers Charles Dickens, alors au sommet de sa gloire.
De cette rencontre naît une pièce de théâtre qui va prendre une singulière résonance sur l’existence du grand écrivain, en proie à une grave crise conjugale…

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  1. Ca me rappelle Cannibales de Didier Daeninckx. Je note ce titre.

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