Suite(s) Impériale(s) de Bret Easton Ellis

Suite(s) Impériale(s)Suite(s) Impériale(s) de Bret Easton Ellis aux éditions Robert Laffont

Je ne pensais pas que ce jour viendrait. Pas si vite. Mais quand « Suite(s) Impériale(s) » me fut confié, j’avais pourtant prévenu que je ne serais pas forcément le meilleur pour la tâche ardue de le recenser. Voilà, je dois faire mon « coming out » : vraiment, Bret Easton Ellis ce n’est pas mon truc. Je comprends son succès, l’extrême violence, le sexe quasi pornographique, la jeunesse dorée ça vend toujours, mais je ne comprends pas l’adulation des critiques. Le style est plat, mieux écrit qu’un « S.A.S » ou qu’un « Exécuteur », mais pas beaucoup mieux. Et la vacuité nihiliste de personnages à la limite de la psychopathie, noyés dans une suite de descriptions fades d’un quotidien surexposé aux mercantilisme et à l’hypersexualité, ça distrait le temps de quelques pages, mais sur tout un roman … le temps passe lentement. En fait j’imagine que sa célébrité doit être issue d’un malentendu.

Son premier roman, « Moins que zéro », par sa description cruelle d’une jeunesse américaine riche, vaine, désillusionnée a marqué les esprits et depuis, Easton Ellis poursuit dans la voie qui l’a mené à la gloire. « Suite(s) Impériale(s) » est la suite, vingt ans après, de ce roman qui choqua les Etats-Unis. Restant fidèle à son moralisme dystopique à la truelle, Easton Ellis garde ses personnages creux et dépravés, dont les liens avec la réalité sont toujours plus évanescents. Son héros d’alors, Clay a vieilli. Mal. A l’instar de ses amis marqués par la chirurgie esthétique, les drogues dures et les anxiolytiques, il ne trouve que peu d’attraits à la vie, aussi luxueuse fut-elle. Attiré par une actrice aussi excitante que mauvaise, il se retrouve propulsé, plus profondément encore qu’il ne l’était, dans un monde de sexe triste et de violence crapuleuse. L’intrigue est inexistante, le thriller, qui se résume à une jeep bleue récurrente, décousu, et les cadavres inutiles.

Vous aurez compris que si vous souhaitez lire une critique positive du septième livre de Bret Easton Ellis, mieux vaut chercher une autre chronique. Sachez néanmoins que je me suis appliqué,  « Suite(s) Impériale(s) » est le troisième roman que je lis de cet auteur, même si probablement le dernier. « American Psycho » et « Les lois de l’attraction » avaient retenu mon attention et m’avaient rapidement déçu. J’avais trouvé que dans ces deux romans monotones, bizarrement léthargiques quoique plutôt noirs, il y avait à chaque fois peut-être 200 pages de trop. Ici aussi. Même si l’ouvrage n’est composé que de 228 pages.

« Suite(s) Impériale(s) »  radote et reprend les ficelles froides et poisseuses des livres précédents. A lire si vous avez adoré « Moins que zéro » et souhaitez retrouver Clay, Julian, Blair ou Rip qui résume d’ailleurs plutôt bien l’ensemble : « … aucune imagination. En fait tu suis toujours la même procédure » (p.175).

R.I.P. mon cher Bret, R.I.P.

Chronique réalisée par David Vauclair

Quatrième de couverture :

Clay, l’anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles. Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désœuvré. Il retrouve ceux qu’il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip… les représentants d’une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent.
Producteur associé à l’adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses. Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui ? Clay découvre vite qu’il est constamment observé et suivi…
Jalousie, trahisons, meurtres, manipulations… ici, dans la Cité des Anges, chacun se heurte aux mêmes jeux d’emprise et aux mêmes démons, s’enivre de sexe, d’images, de drogues, de fêtes irréelles… et se révèle toujours plus amer et désespéré. Le vide et la fureur aspirent les personnages, et leur font perdre tout sens des limites.

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2 total comments on this postSubmit yours
  1. C’est amusant je n’ai jamais lu Ellis. hier je trainais devant un de ces livres dans un grand magasin.. j’ai touché feuilleté failli prendre et pensé « franchement christophe les histoires de gosse de riche qui sont malheureux et qui prennent de la coke, tu t’en fous non ? », je me suis répondu « oui mais bon c’est du ellis tout le monde dit que c’est bien quand même », et puis j’ai regardé l’heure, fallait que je me magne pour aller au ciné. alors je n’ai pas pris le roman d’ellis..

    il m’inspire tout ce que tu écris très bien. et là où c’est fort, c’est que je n’en ai jamais lu une ligne

  2. Je viens de terminer le dit roman et me dis a quel point je me suis faite avoir par le fabuleux buzz médiatique autour de cet auteur « so trash, so chic » ! 19 euros, c’est franchement cher pour un récit aussi mal mene, décousu, insipide. Ellis a surtout pondu une machine a faire du cash sur le support de -que zéro. 25 ans après, la gueule de bois est sévère pour les fans comme pour les lecteurs lambda…

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