Bamako Climax d’Elizabeth Tchoungui – chronique n°2

Bamako ClimaxBamako Climax d’Elizabeth Tchoungui aux éditions Plon

Ce roman est celui du brassage culturel. Entre l’antillais qui assume mal sa négritude, l’Italien qui va découvrir ce que l’Afrique a semé en lui et la métisse africaine dont la double culture n’est pas forcément facile à vivre au quotidien, le lecteur est emporté dans une sorte de quête des origines.

Ce roman fait se croiser plusieurs voix et demande donc une lecture attentive. Les voix de Céleste, Elliot, Elio mais également de certains de leurs proches se mêlent donnant à la fois des éclairages différents sur l’histoire qui se déroule mais offrent également une palette de tons différents, créant ainsi des personnalités hautes en couleur. En effet, aucun des personnages ne laisse indifférent. On est subjugué par Céleste, agacé par l’immobilisme des deux hommes de sa vie, attendri par la pauvre Olimpia, diverti par Cassandra et même les personnages secondaires apportent du piment à cette sauce bien relevée déjà.

A première vue, des histoires d’amour, des histoires de corps fort compliquées dans lesquelles aucun n’arrive à trouver tout ce qu’il recherche dans une seule personne et multiplie les relations. Mais ce chassé-croisé amoureux sert en fait de point de départ à des considérations et à une réflexion bien plus poussées. Le lecteur suit donc chacun des personnages et découvre des parcours différents mais complémentaires. L’auteur a le courage de traiter de nombreux thèmes de société : la discrimination, le métissage mais aussi le financement souterrain du terrorisme.  Si Elio et Elliot (dont la proximité des noms n’est forcément pas innocente) semblent lancés sur la trace de la femme aimée et perdue, leur quête est beaucoup plus profonde. Une quête dont aucun des personnages ne ressortira indemne ; le lecteur non plus d’ailleurs.

L’histoire n’est pas le seul point positif de ce roman. Il faut saluer la plume alerte et acérée de l’auteur. Le langage et la répartie de Cassandra, l’amie de Céleste, sont jubilatoires : on rit, jaune parfois. Je trouve que l’auteur rend vraiment bien les particularités linguistiques de chacun des personnages. En lisant Cassandra d’ailleurs, j’entendais même l’accent africain, pour dire à quel point on est embarqué dans ce livre.

Chronique réalisée par Mille et une pages

Quatrième de couverture :

Elliott Marie-Rose est Antillais, Elio Della Valle, juif italien. Tous deux sont amorueux de Céleste, la reporter afropéenne mondaine, aventureuse et fantasque. Mais paralysés par leur problème d’identité, ils échouent à l’aimer vraiment: Elio, son mari, ne peut s’empêcher de la tromper; Eliott, son amant, n’arrive pas à dépasser le cap du marivaudage.
Un jour, alors que de violents attentats terroristes frappent les intérêts occidentaux des franges du Sahara au golfe de Guinée, Céleste disparaît en Afrique… Aurait-elle fui ses désillusions amoureuses pour se lancer dans une dangereuse aventure au coeur du continent originel?

Journaliste franco-camerounaise (elle a présenté le journal de TV5 Monde et a été responsable du service culture de France 24), animatrice des Maternelles sur France 5, Elizabeth Tchoungui a déjà publié Je vous souhaite la pluie (Plon, 2006). Ce preier roman remarqué, finaliste du prix Carrefour-Savoirs, lui a valu d’être lauréate de La Forêt des Livres.

Lisez la chronique n°1 ici

Elizabeth Tchoungui présente Bamako Climax

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  1. Après « Je vous souhaite le pluie » on est encore plus haut. Bravo !

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