Bifteck de Martin Provost aux éditions Phébus
Bifteck, c’est l’histoire d’André, boucher fils de boucher né à Quimper dans la boucherie familiale. Fin boucher et amateur de chair tendre, André prend l’habitude, quand l’heure est venue pour lui de servir les dames (alors que leurs maris se battent au front de la première guerre mondiale), de proposer à l’élue du moment le meilleur morceau : l’araignée. L’élue recevra, en prime et pendant la pause déjeuner, les honneurs du jeune homme. Mais la guerre prend fin et ces dames vont devoir abandonner le fruit de leurs amours illicites. André devient, à seize, l’heureux papa de sept enfants avec lesquels, plus tard, il embarquera pour les Etats-Unis.
Gentillet roman qui commence comme un fable alléchante et carnivore, dans lequel les bretonnes esseulées même pas veuves éplorées se consolent dans les bras d’un jeune étalon. C’est sympathique, les mots rebondissent et rissolent au gré des métaphores bovines et autres jeux de mots carnassiers. On s’amuse un peu, on sourit de temps en temps, en attendant qu’il se passe un événement déclencheur « d’autre chose » et se demandant où tout ça va mener, parce que tout ça est bien mignon, mais bon…
Mais la fuite d’André et sa marmaille, alors qu’ils embarquent dans un cornu de fortune vers la terre promise et surtout l’Amérique (il faut bien fuir les maris énervés, d’autant qu’André, devenu père aimant, ne veut plus être amant), tourne à la farce allégorique… et, pour le coup, m’a laissée sur ma faim. L’épilogue en forme de clin d’œil ou de retournement se devine rapidement et s’il peut faire sourire, ne tient pas au ventre et laisse un arrière goût d’inachevé en bouche.
Chronique réalisée par Amanda Meyre
Quatrième de couverture :
Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Dès sa puberté, en pleine guerre de 14, André, fils unique de Loïc et Fernande, développe un don très particulier, celui de faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes qui viennent faire la queue à la boucherie Plomeur, dans l’espoir de goûter au plaisir suprême. André assume gaiement et avec talent le devoir conjugal des absents partis au front. Mais l’armistice survient et les maris reviennent. Un matin, André trouve devant la boucherie un panier en osier avec à l’intérieur un bébé. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième… sont déposés devant sa porte. Du jour au lendemain, voilà André père de sept enfants et poursuivi par un mari jaloux décidé à lui nuire ! Afin de protéger la chair de sa chair pour qui il se découvre un amour infini, il décide de prendre la mer et de rallier les lointaines Amériques. En chemin, la remuante tribu échoue sur une île déserte…


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leafar
22 septembre 2010
J’ai beaucoup apprécié ce petit opuscule dont je n’ai fait qu’une bouchée. A savourer à n’importe quelle heure de la journée !
Jerome
24 septembre 2010
100% d’accord avec la chronique. Un vrai sentiment d’inabouti, une sorte de fourre-tout qui m’a vraiment laissé sur ma faim (c’est quand même le comble avec un titre pareil !).
fashion
26 septembre 2010
J’ai pour ma part trouvé ce roman plus qu’inabouti : après une dizaine de pages fort enlevées et qui laissaient présager le meilleur, l’histoire s’enlise dans le n’importe quoi et ce qui se voulait fable devient pensum. Un roman complètement raté.