Une Année Chez les Français de Fouad Laroui

Une Année Chez les FrançaisUne Année Chez les Français de Fouad Laroui aux éditions Julliard

Mehdi a 10 ans. C’est un garçon talentueux, à l’imagination fertile, à la mémoire étincelante. C’est un jeune homme d’un milieu modeste, qui sait incarner les mots, les faire respirer, les sentir vivre. Tous ses talents prometteurs lui valent une bourse et son envoi malgré lui dans le très chic lycée Lyautey de Casablanca, en 1969. L’école est française, le petiot est Marocain, le choc est terrible.

Fouad Laroui, l’œil moqueur, raconte avec tendresse, intelligence et profondeur un roman de formation, des souvenirs de jeunesse, mais aussi le roman du protectorat et de la décolonisation. A l’instar de Montesquieu dans les « Lettres persanes », il pose un regard faussement naïf sur ces Français, tous de genre différents : du jeune communiste cherchant ses frères parmi les « indigènes », au pied-noir grande gueule entre mépris et générosité, au gaulliste élitiste amoureux des classiques, admiratifs des valeurs intégratrices de la France. Mais tout comme les Persans Usbek et Rica, l’analyse de Laroui ne s’arrête pas à l’anecdotique, et c’est toute la société marocaine qui au fil de ce conte est décortiquée avec gentillesse mais causticité.

Le résultat est drôle, émouvant et remarquable tant Laroui réussit à préserver la légèreté de l’enfance, son sérieux, son tragique tout en brossant une galerie de personnages qui frôlent parfois l’archétype ou le cliché sans jamais néanmoins céder à cette facilité. « Une année chez les Français » est un roman vif, entrainant et touchant et Fouad Laroui fait preuve d’un talent certain de satiriste, d’humoriste, d’excellent romancier tout simplement.

Chronique réalisée par David Vauclair

Quatrième de couverture :

C’est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l’intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s’est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l’Atlas. Il n’envisageait rien d’autre que de continuer à jouir de l’existence. Du jour où son oncle l’abandonne à l’entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel. Entre « Le Petit Chose » et « Le Petit Nicolas », l’histoire émouvante et cocasse d’un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.

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