Sors de ce corps, William ! de David Safier

Sors de ce corps, WilliamSors de ce corps, William ! de David Safier aux éditions Presse de la cité

Rosa est institutrice à Düsseldorf : elle n’aime pas son métier, ne se remet pas de sa rupture avec le parfait Jan, qui est à deux jours de convoler avec la belle Olivia, elle se trouve laide, grosse et idiote, bref, rien ne va. Un soir, entraînée au cirque par un de ses collègues, elle fait la rencontre de Prospero, un mage qui lui propose de la renvoyer dans une de ses vies antérieures afin de découvrir ce qu’est le véritable amour. Avant d’avoir eu le temps de s’enfuir en courant, Rosa se retrouve dans le corps de… William Shakespeare.

Comme vous l’aurez aisément compris, perspicaces happy few, j’ai eu une furieuse envie de lire ce roman après en avoir parcouru la quatrième de couverture et malgré la couverture comment dire, toute en subtilité et en finesse. C’est que depuis que je me suis prise d’une passion dévorante pour le Barde, je ne peux résister à aucun roman qui ferait ne serait-ce que le mentionner au détour d’une citation (oui, je sais, je ne suis pas sortie de l’auberge moldave, chers happy few, mais franchement, who cares ?). J’ai donc entamé ce roman avec curiosité sans trop savoir à quoi m’attendre pour découvrir qu’il s’agissait en fait d’un roman de chick-lit (genre que je prise habituellement fort peu), sauf qu’ici les séances de shopping et les interrogations existentielles sur la taille de la bague de fiançailles et la façon de rendre le fils du neveu du sénateur fou d’amour sont remplacées par les aventures rocambolesques d’une jeune femme prise dans une histoire qui n’est pas la sienne. Alors autant le dire tout de suite, chers happy few, je pense qu’on ne peut clairement pas se prendre au jeu si on ne connaît pas la vie de Shakespeare. En effet, David Safier répond à sa manière à quelques interrogations sur la vie du poète anglais (notamment le passage de Stratford à Londres et sa relation avec Anne, sa femme), sur son oeuvre (les étranges dédicataires de ses sonnets) et lui invente une relation politico-compliquée avec la reine. Il reprend certains éléments avérés de sa vie ou de son oeuvre (tous les néologismes qu’il a inventés par exemple), en explique d’autres (comme la personnalité du personnage principal de Comme il vous plaira) et il lie le tout au parcours initiatique de Rosa. Si on peut regretter une fin un peu gnan gnan et pleine de bons sentiments (mais après tout nous sommes dans un genre qui se complaît dans la guimauve), je dois bien avouer que j’ai passé un fort bon moment avec ce roman plutôt bien fichu et fort drôle qui ne se hisse certes jamais au-dessus du niveau du sympathique divertissement, ce qui, avouons-le sans honte, chers happy few, n’est déjà pas si mal.

Chronique réalisée par Happy few

Quatrième de couverture :

Comment Rosa, une jeune femme très ordinaire, a-t-elle pu séduire le beau et brillant Jan ? Elle-même n’en revient pas et doute tellement de sa séduction qu’un soir elle accepte le baiser d’un homme rencontré lors d’une fête, geste surpris par son fi ancé, qui la quitte aussitôt. Quatre ans plus tard, toujours éprise, elle apprend que Jan va épouser la parfaite Olivia. Coup dur pour son ego ! Alors, quand le magicien Prospero lui propose un voyage dans le passé, elle accepte. Mais il pose une condition : elle ne pourra réintégrer son époque qu’après avoir découvert la vraie nature de l’amour. Et voilà que Rosa se réveille dans la peau de… William Shakespeare !

Après Maudit Karma, sur les aléas désopilants de la réincarnation, et l’iconoclaste Jésus m’aime, l’Allemand David Safi er, en très grande forme, entraîne sa nouvelle héroïne dans une expérience extrême. Quand une Bridget Jones se retrouve dans le corps de William Shakespeare, l’histoire ne peut être que déjantée et hilarante.



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