Le roman de l'Orient insolite de Bernard Saint Bri

Le roman de l'Orient insolite de Bernard Saint BriLe roman de l’Orient insolite de Bernard Saint Bri aux éditions du Rocher

C’est en visitant une maison à vendre à Tanger que l’auteur découvre l’histoire de Margareth Wilson, grâce à l’album photos que lui montre un de ces descendants.

Margareth Wilson, une Anglaise de 20 ans, débarque à Tanger. Elle a été embauchée comme gouvernante pour les enfants des propriétaires de l’Hôtel de France.

À peine installée, Margareth est remarquée par son voisin, le Chérif de l’Oued Sébou, un descendant de Mahomet et de Moulay Idriss (fondateur du premier royaume musulman du Maroc).

Lorsque le couple part en voyage dans le Maroc du XIXe siècle avec suite et enfants (le couple a deux fils), c’est vraiment extraordinaire, presque féérique : Fès, Meknès, Marrakech, la Berbérie, Mogador, les ruines de Mazagran, Rabat, Chellah, Volubilis, Tingitanie, Tétouan, Ceuta…

« Rappelons-nous qu’en cette période encore quasi-féodale, on ne régnait et ne gouvernait que si l’on était vu souvent, bien vivant et toujours en mouvement. » (page 96).

C’est un monde de bazars, de murs et de ruelles, c’est un monde sensuel empli de volupté et de parfums.

Le Maroc est toujours resté indépendant, il n’a jamais été annexé par l’Empire Ottoman, mais il y a quand même des dangers, des conspirations.

« Les opinions en ce temps-là conservatrices qui circulaient à Fès reprochaient au Chérif ses goûts trop prononcés pour l’Occident et les idées nouvelles… » (page 133).

Le couple décide de fuir. Pourquoi pas en Inde ? Ce sera finalement Stamboul, en Turquie.

« Constantinople était alors l’une des villes les plus grandes et les plus cosmopolites du monde. C’était également le centre politique, culturel, et des affaires de l’ensemble du Proche-Orient et des Balkans. » (page 138) mais… « Au-delà de cette richesse féminisée, de ce luxe d’une cour amollie dans de trop faciles délices, la félonie régnait, les carafes de cristal gravées peintes et dorées distillaient dans leur eau, apparemment limpide, le poison. » (page 177).

Le couple décide à nouveau de partir. Ce sera Alexandrie, en Égypte, où vont avoir lieu les célébrations d’inauguration et d’ouverture du Canal de Suez (17 novembre 1869).

« Tout ce qui était grand, puissant, ambitieux, en vue et élégant de l’Europe et de l’Orient était présent. » (page 221).

Ce qui est insolite pour moi, c’est de dire que l’Afrique du Nord est l’Orient… L’Orient est par définition ce qui est à l’Est de l’Europe (et pas au Sud et à la même longitude), c’est-à-dire le Levant et il est généralement divisé en trois parties :

le Proche-Orient, qui est le plus proche de l’Europe, avec les pays de l’Orient qui bordent la Méditerranée, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie ; certains y mettent aussi l’Égypte à cause du Sinaï qui est en Asie.

le Moyen-Orient, un peu plus éloigné, avec les pays du golfe persique (Irak, Iran, Koweït) et ceux de la péninsule arabique (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Oman, Qatar, Yémen).

l’Extrême-Orient, encore plus éloigné avec les pays d’Asie qui bordent l’Océan Pacifique, Corée (Sud et Nord), Chine (incluant Taïwan), Japon, et aussi les pays d’Asie du Sud-Est (Birmanie, Cambodge, Indochine, Laos, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Vietnam…) voire l’extrême est de la Russie.

Je suis donc stupéfaite qu’on puisse penser que le Maroc est l’Orient… !

Mis à part ce point « insolite » pour faire un clin d’œil au titre, ce roman est vraiment dépaysant. Je suis très contente de l’avoir lu. J’ai découvert le Maroc de la deuxième moitié du XIXe siècle ainsi que les villes d’Istanbul et d’Alexandrie vers la fin du XIXe siècle, et des personnages hauts en couleurs.

Mais j’ai quand même eu un peu de mal à m’attacher à cette famille : l’homme n’a-t-il pas d’autre nom que le Chérif de l’Oued Sébou ? Et on ne saura jamais les prénoms des deux fils du couple… Difficile dans ces conditions de s’identifier et de s’attacher à cette famille.

C’est pourquoi j’ai préféré lire cette histoire dans un esprit de découvertes géographiques et historiques.

De plus il y a 16 très belles pages en couleur : des reproductions de tableaux, des photos de Tanger, Gibraltar, Istanbul, Canal de Suez, Le Caire.

Si vous aimez – non, je ne vais pas dire l’Orient ;-) – le Maroc et les aventures romanesques du XIXe siècle, ce livre est fait pour vous !

En plus, l’auteur m’a dédicacé le livre, merci Monsieur Saint Bris !

Chronique réalisée par La culture se partage

Quatrième de couverture :

Au milieu du XIXe siècle, un prince maure, descendant du chérif de l’Oued Sebou, s’éprend de Margareth Wilson, une jeune Anglaise.

Le prince entraîne la belle Occidentale à la découverte des prestigieuses cités de son empire, de Tanger à Fès, de Meknès à Marrakech, de Mogador aux portes du désert, et jusqu’aux villes flamboyantes de Constantinople, d’Alexandrie et du Caire. Sultans, vizirs, pachas, derviches, seigneurs de l’Atlas, eunuques, lascives odalisques en leur harem : tous entrent en scène, dans le sillage des acteurs des grandes heures de l’époque : Bonaparte, l’impératrice Eugénie, Ferdinand de Lesseps, Abdel Kader…

Traversée romanesque d’un siècle, voyage à travers des contrées envoûtantes, le roman de l’Orient insolite est aussi une initiation à un monde englouti, dont Bernard Saint Bris ressuscite les sortilèges millénaires.



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