Le traducteur d’Eric Fouassier

Le traducteur Eric FouassierLe traducteur d’Eric Fouassier aux éditions Pascal Galodé

Voilà un de ces romans sur lesquels j’aime tomber. En effet, il me plaît d’avoir cette impression surannée de lire un roman du XIXe siècle. Et ne serait-ce que de ce point de vue, Le traducteur est un roman réussi.

Dans une narration entièrement à la première personne, nous allons suivre, sur toute une vie un narrateur dont la rencontre avec un homme étrange, Gabriel Prometh, va changer irrémédiablement la vie. Ce dernier est à la recherche de ce qui est censé être un chapitre perdu de la Bible, Le livre de Pao. Livre dont la recherche aurait d’ailleurs jeté Rimbaud sur les terres africaines. Mais Gabriel Prometh est un homme peu fréquentable et le narrateur va l’apprendre à ses dépends. Pour obtenir ce livre et en assurer la traduction, il est prêt à tout, vraiment à tout… Malgré tout cela, il exerce une attraction telle sur notre narrateur que celui-ci ira jusqu’au bout du monde avec lui.

Un roman narré de la même manière qu’un roman du XIXe siècle, comme je le disais plus haut. Avec cette manière bien particulière de prendre à parti le lecteur et une plume des plus exigeantes et des plus travaillées. Mais un roman qui se lit vraiment bien car narrateur et personnage nous traînent littéralement derrière eux dans leur quête de ce livre mystérieux. Gabriel Prometh, génie ou imposteur ? C’est ce que le lecteur aura bien du mal à déterminer aussi, emporté dans la quête de ce livre que presque personne n’a eu l’occasion de lire. La narration à la première personne, du point de vue du narrateur permet de garder le mystère jusqu’au bout et de ne découvrir chacun des fils de l’intrigue qu’en même temps que lui. Un roman savoureux !

Chronique réalisée par mille et unes pages

Quatrième de couverture :

Un ouvrage mythique, le Livre de Pao, qui serait un chapitre oublié de la Bible…

Un peuple mystérieux parlant une langue menacée d’extinction… Le brouillon d’un poème d’Arthur Rimbaud qui recèlerait un secret demeuré inviolé…

Une étonnante mystification aux dimensions planétaires… Tels sont les principaux ingrédients de ce beau roman qui commence comme un récit d’aventures pour s’achever en une fable douce amère sur le mensonge, la mémoire et les mirages de la postérité. Mais Le Traducteur, c’est aussi et surtout, sous le soleil implacable d’Ethiopie ou dans le Paris des années folles, l’histoire d’une étrange fascination entre deux hommes que tout semble pourtant opposer : le narrateur, un jeune rentier naïf, et son mentor, un ancien médecin au passé trouble.

« L’histoire de Gabriel Prometh, je suis le seul à pouvoir la raconter. Car pendant un an, j’ai servi cet homme. J’en fus tour à tour le secrétaire, le valet de chambre, le garde du corps et même le confident. Pourtant, malgré le recul du temps, il m’est impossible de dire si j’ai davantage admiré cet homme qu’il ne m’a inspiré de dégoût. Une seule chose est certaine : jamais, au cours de ma longue existence, je n’ai retrouvé l’exaltation qui fut la mienne durant ces mois que je passai auprès de Gabriel Prometh… toute ma vie fut dans cette unique année. »

Eric Fouassier est né en 1963 en région parisienne. Romancier et nouvelliste, il nous livre avec le Traducteur une œuvre profonde et singulière, aux multiples résonances.



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