Libre, seul et assoupi de Romain Monnery – chronique n°2

Libre, seul et assoupiLibre, seul et assoupi de Romain Monnery aux éditions Au Diable Vauvert

Voilà un premier roman qu’Abeline m’avait remis avec un grand sourire puisqu’il avait remporté son adhésion.

Le narrateur, Machin, est ce que j’appellerai le type même du jeune parasite de la société. Jeune adulte, il vit encore chez ses parents. Mais attention, on est loin du Tanguy brillant du film. Celui-ci n’a qu’une passion : ne rien faire… et pas trop vite, en plus.

Un beau jour, ce qui n’étonnera personne, ses parents le remercient et le mettent à la porte sans autre forme de procès. Comme une de ses amies lui propose une colocation à Paris, il n’hésite pas une minute et s’y rend. Que la colocation le force à partager le salon avec un autre garçon, pas beaucoup plus dégourdi que lui, ne lui pose aucun problème. Et voilà notre narrateur reparti dans sa quête du « comment en faire le moins possible ». De petites mésaventures en petites mésaventures, il parvient à surnager tout doucement et à vivre du minimum. Tomber amoureux ? Cela lui demanderait bien trop d’énergie…
Ce roman se veut une critique de la société actuelle puisqu’il met en valeur le côté désabusé de certains jeunes qui peuvent ne pas se sentir motivé par ce que la société peut leur offrir. On y voit de manière très nette l’immobilisme d’une jeunesse qui pense ne pas avoir besoin de travailler et attend que le temps passe. On y trouve quelques ficelles pour devenir l’assisté modèle de notre société de consommation. Certains passages offrent une caricature assez réussie d’une certaine frange de notre jeunesse.

Ce roman possède de nombreuses qualités, notamment celle de faire mouche dans ce qu’il met en lumière. Néanmoins, je dois dire que d’un point de vue totalement personnel (et donc subjectif), il m’a manqué quelque chose pour adhérer. Le personnage est horripilant à souhait ; c’est certes fait exprès (et bien fait) mais cela m’a agacée. Et même si, là encore, c’est probablement l’effet recherché, le style assez oral de ce roman a gêné ma lecture.

Chronique réalisée par mille et unes pages

Quatrième de couverture:

« J’étais un enfant de la génération précaire et, très vite, je compris que viser un emploi dès la sortie de ma scolarité revenait à sauter d’un avion sans parachute. »

Machin vit à Lyon chez ses parents qui, excédés de le voir végéter, le mettent à la porte. Résigné, il rejoint une ancienne copine de fac à Paris où il partage une colocation avec deux autres personnes. Installé dans sa nouvelle vie, il trouve un stage sur une chaîne du câble où on l’exploitera, comme tout stagiaire qui se respecte. Quand son patron lui fait des avances, il part la tête haute et s’engage dans une longue période sans : sans emploi, sans ambition, sans petite amie, sans rien à faire, il reste enfermé des journées entières dans l’appartement avec son compagnon d’infortune, Bruno, son colocataire. Lorsque la colocation éclate, Machin doit chercher un nouvel appartement et revenir sur sa parole : il va bel et bien devoir trouver un travail alimentaire et se confronter à la vie d’adulte normal.

Raconté par un anti-Rastignac, voici le roman de la génération précaire et des désillusions perdues, où l’initiation des années 2000 se joue entre échec volontaire et résignation constructive.


Lisez la chronique n°1

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