Les Anonymes de R.J. Ellory

Les anonymes RJ ElloryLes Anonymes de R.J. Ellory aux éditions Sonatine

Washington. Quatre femmes assassinées, battues à mort : l’inspecteur Miller se charge du dossier et ses investigations le mènent petit à petit à poursuivre John Robey, qui semble connaître bien des choses sur les quatre meurtres.

Ce n’est plus la confession d’un tueur à gages de la mafia que nous rencontrons dans Les anonymes, mais celle d’un ancien agent de la CIA. Pourquoi cette confession ? Est-il toujours en activité ? Comme dans Vendetta, la construction du roman est faite d’une alternance de récits : l’enquête de Robert Miller, d’une part, racontée à la troisième personne du singulier et le récit de John Robey, raconté à la première personne.

Ces deux hommes vont s’affronter. Affrontement / fascination donc entre un flic et son « ennemi » qui sème sans arrêt le doute : Robey manipule Miller, mais pourquoi ? Que veut-il réellement ? Est-il l’assassin ?

Le lecteur l’apprendra petit à petit tout au long des 688 pages que compte le roman. La mafia n’est plus le cadre du roman : la CIA, ses agissements, ses zones d’ombres, ses guerres secrètes et financement occultes sont le cadre dans lequel Ellory enferme le lecteur jusqu’au final très page turner.

Un final très page turner et une narration habile, qui visse le lecteur à l’histoire : Ellory peint ses personnages avec justesse et embarque le lecteur dans son roman sans difficulté. Pour autant, un gros bémol apparaît rapidement : le thème manque cruellement d’originalité (la CIA est totalement corrompue, les guerres en Amérique du Sud couvrent le trafic de drogue, Kennedy assassiné par la CIA, l’attentat raté contre Reagan était une mise en scène, ce n’est pas le Président qui gouverne mais la CIA …). Tout cela a déjà été largement exploité et ne surprend personne. De même, le récit de Robey, s’il est bien écrit, tombe parfois dans le cliché attendu et inutile (pourquoi l’affubler d’une histoire parentale lourde qui n’apporte rien tout comme le cancer de Catherine Sheridan ?).

Au final, Les anonymes, s’il ne m’a pas déplu, me laisse quand même frustrée et désappointée. Un cru correct qui plaira aux amateurs de thriller politique, mais qui est en deçà de Seul le silence et surtout de Vendetta.

Chronique réalisée par Amanda Meyre

Quatrième de couverture :

Washington. Quatre meurtres. Quatre mode opératoires semblables. Tout laisse à penser qu’un serial killer est à l’œuvre. Enquête presque classique pour l’inspecteur Miller. Jusqu’au moment où celui-ci découvre qu’une des victimes vivait sous une fausse identité, fabriquée de toutes pièces. Qui était-elle réellement ? Ce qui semblait être une banale enquête de police prend alors une ampleur toute différente, et va conduire Miller jusqu’aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain.

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