Un autre monde de Barbara Kingsolver

Un autre monde Barbara KingsolverUn autre monde de Barbara Kingsolver aux éditions Rivages

A travers la vie du jeune Harrison William Shepherd, partagé entre le Mexique de sa mère et les Etats-Unis de son père, Barbara Kingsolver présente un concentré d’histoire américaine du début du 20ème siècle aux années 1950. Au service tour-à-tour du couple Frida Kahlo-Diego Rivera et de  Trotski, exilé au Mexique après son éviction du pouvoir par Staline, puis auteur à succès aux Etats-Unis durant les années du maccarthysme, Harrison mène le lecteur à la rencontre d’une riche et passionnante galerie de personnages.

Ce livre est ce que j’appellerais un « livre sandwich ». Le pain est bon, mais ce qui vaut vraiment la peine est la farce du milieu. Je suis en effet passée durant ma lecture d’un léger ennui à une lecture coup de cœur.

J’ai tout d’abord eu énormément de peine avec la première partie sur l’enfance d’Harrison au Mexique que j’ai trouvée plutôt lente et peu intéressante. J’ai ensuite littéralement dévoré la deuxième partie sur les milieux communistes du Mexique dans les années 30, un vrai régal. Enfin, la troisième partie américaine sur la vie d’écrivain d’Harrison est intéressante, parfois passionnante, mais le rythme ralentit un peu et la forme rend l’intrigue beaucoup plus hachée.

Barbara Kingsolver a en effet adopté une forme totalement originale pour « Un autre monde ». La vie d’Harrison nous est dévoilée grâce à un mélange de journal intime, de romans, de correspondance ou encore d’articles de journaux, tous réunis par Violette Brown, la secrétaire d’Harrison, qui intervient également en tant qu’archiviste dans le roman. La confusion entre réalité et fiction est extrêmement bien réussie, encouragée par la présence de personnages historiques. Sans aucun doute, l’originalité de la forme est à saluer et j’ai adoré cette complète immersion dans les pensées d’Harrison. En refermant « Un autre monde », il est difficile de penser que ce personnage a été créé de toute pièce tellement il nous est devenu familier.

Ceci m’amène au deuxième point positif de ce livre, à savoir l’extraordinaire galerie de personnages. Le lecteur a vraiment l’impression de vivre aux côtés de Frida Kahlo, de Lev Trotski ou de Violette Brown. La personnalité de chacun est extrêmement bien traitée, les rendant si ce n’est attachants, au moins absolument inoubliables. Comme dans « Les yeux dans les arbres », j’ai également beaucoup aimé les détails et le contexte historiques de l’intrigue. Barbara Kingsolver m’a totalement transportée du Mexique à la Caroline, à travers les différentes périodes troublées de cette époque. Enfin, ajoutez à ceci des réflexions sur le métier d’écrivain, sur l’art ou encore la célébrité et vous aurez enfin un aperçu de la richesse de ce livre.

En conclusion, malgré quelques passages plus ennuyeux, j’ai beaucoup aimé ce livre que je recommande pour son originalité, sa belle galerie de personnage, son contexte historique passionnant et le style plus qu’agréable de Barbara Kingsolver.

Chronique réalisée par Zarline

Quatrième de couverture :

« Il y a, en chacun de nous, un autre monde. La chose la plus importante est toujours celle que l’on ne connaît pas. »

Un autre monde raconte l’histoire de Harrison William Shepherd, un personnage inoubliable, dont la recherche d’identité plonge le lecteur au coeur des événements les plus tumultueux du XXe siècle.

Barbara Kingsolver nous entraîne dans un voyage épique, de la ville de Mexico des années 30 – où le lecteur rencontre Frida Kahlo, Diego Rivera et Trotsky, leader politique en exil – à l’Amérique de Roosevelt et J. Edgar Hoover, en plein maccarthysme.

Avec des personnages profondément attachants, souvent émouvants, un vrai sens de la description des lieux et une analyse juste et intelligente de la façon dont les événements historisques et l’opinion publique peuvent façonner une vie, l’auteur a créé un bouleversant portrait d’artiste et s’interroge sur l’essence même de l’art.

Voter : 1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading ... Loading ...

Votez pour soutenir ce livre pour le Grand Prix Littéraire du Web
1 comment on this postSubmit yours
  1. absolument d’accord avec Zarline

Submit your comment

Please enter your name

Your name is required

Please enter a valid email address

An email address is required

Please enter your message

Twitter

  • May 20, 2012 18:12

    Du corps de Mauricio Ortiz: Comme le rappelle Antonio Tabucchi dans sa préface : au fil du temps, le corps incar... http://t.co/F3JR297D

  • May 5, 2012 16:40

    Dans un avion pour Caracas de Charles Dantzig: « On ne lit pas pour le livre, on lit pour soi. Il n’y a pas plus... http://t.co/OTPBM0ji

  • May 3, 2012 15:21

    Le révélateur de Mireille Juchau: En photographie le révélateur est un produit chimique qui permet de faire appa... http://t.co/PFJJpSUb

  • April 25, 2012 16:48

    Dans la route de Maryline Desbiolles: Les routes n’ont ni début ni fin. Elle ne vont pas du point A au point B e... http://t.co/onKx9zl9

  • April 19, 2012 14:51

    Jesus Man de Christos Tsiolkas: « Vieille Australie blanche veut la guerre Jeune Australie blanche veut la paix ... http://t.co/gZVpe8st

A propos

Chroniques de la rentrée littéraire est un défi lancé par le monde du livre à la blogosphère littéraire :
chroniquer une majorité des parutions romanesques de l’année.
En regroupant 300 bloggeurs
littéraires, Chroniques de la rentrée littéraire est un intermédiaire permettant à chaque livre d’être lu
par au moins un lecteur expert, en toute liberté de ton.

Chroniques de la rentrée littéraire © 2012 All Rights Reserved