Harold de Louis-Stéphane Ulysse

harold louis stephane ulysseHarold de Louis-Stéphane Ulysse aux éditions Serpent à plumes

Roman policier ou fresque historique? Harold est à la croisée des genres. Au fil des pages, l’Amérique des années 1960 devient en effet un personnage central du livre, supplantant presque le héros de l’histoire.

Chase Lindsey, talentueux éleveur d’oiseaux en Californie, recueille Harold, un corbeau blessé. Il le soigne et décide de l’adopter, reconnaissant en lui une intelligence presque humaine. Harold accompagne alors son nouveau maître a Bodega Bay, sur le tournage d’un thriller culte: Les Oiseaux, d’Alfred Hitchcock.

Là, le corbeau développe une véritable obsession pour l’actrice principale, la belle Tippi Hedren, qu’il décide alors de protéger, à tout prix…

Les cinéphiles amateurs d’Histoire se régaleront de l’excellent travail de documentation effectué par Louis-Stéphane Ulysse. Quant aux autres, ils se demanderont sans cesse où se situe la frontière entre vérité historique et fiction. Certains, comme moi, interrompront leur lecture à chaque page ou presque pour vérifier tel détail, le nom de tel patron de studio… et se rendre compte que tout ici s’appuie sur des bribes d’histoire: de la relation destructrice qu’entretient “Hitch” avec la belle Tippi Hedren, aux drames internes au tournage du film, en passant par une mafia italienne omniprésente qui gangrène le milieu du cinéma américain.

Louis-Stéphane Ulysse a bien fait ses devoirs, et les détails réalistes qu’il parsème au fil des pages servent à merveille sa fiction. C’est d’ailleurs là la principale qualité de ce roman, qui donne envie de voir ou revoir le chef-d’oeuvre d’Hitchcock et de se plonger dans des livres d’Histoire.

Seul bémol ? L’histoire du corbeau qui, bien qu’efficace pour faire avancer le récit, laisse selon moi un peu sur sa faim.

Chronique réalisée par leparisdechine

Quatrième de couverture :

État de Californie, septembre 1961. Chase Lindsey, un éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L’oiseau s’appelle Harold.
Bodega Bay, 1962, le tournage des Oiseaux d’Hitchcock peut enfin commencer. Harold et Chase y participent, totalement hypnotisés par la fascinante Tippi Hedren.
Mais Harold est dangereux… et Tippi, en déroute…

Voici le point de départ d’une histoire hors du commun : l’histoire d’un corbeau et d’une actrice. Autour d’eux, Alfred Hitchcock, Éva Beaumont, Lew Wasserman, Mickey Cohen, les redoutables frères Gianelli, Abraham Zapruder, s’affrontent et se croisent dans un récit qui flirte avec le roman noir et le technicolor.

Harold, une histoire d’amour et de désir, une histoire de mort, une ode au cinéma et aux gangsters, où les bas-fonds de Los Angeles ne sont jamais bien loin des studios d’Hollywood.

Révélé par Florent Massot avec Soleil sale (1996), Louis-Stéphane Ulysse a fait partie des premiers auteurs de la « nouvelle génération » de Marion Mazauric, aux éditions J’ai lu. Il a publié également chez Calmann-Lévy et Flammarion.
Harold est son huitième roman.

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1 comment on this postSubmit yours
  1. Je n’aime pas beaucoup le commentaire sur le roman de Ulysse que j’ai terminé hier soir. Je n’ai pas du tout eu l’impression de lire un « devoir » d’archiviste plus ou moins talentueux, mais bien plus de faire un sacré voyage cinématographique, comme si j’avais vu un film de cette époque… Tout y est ! J’ai adoré l’histoire de ce corbeau mystérieux qui s’éprend de l’actrice au point de la défendre et de la protéger, je trouve que c’est avant tout une magnifique histoire d’amour, sur fond f’images noir/sépia à la Ellroy, cela change quand même des éternels sujets « à la française ». Bravo !

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