Savoir perdre de David Trueba

Savoir perdre David TruebaSavoir perdre de David Trueba aux éditions Flammarion

Voici un livre assez particulier, divisé en quatre parties. C’est l’histoire d’une famille madrilène au centre de laquelle se trouve Sylvia, une lycéenne de 16 ans qui vit avec son père, sa mère ayant quitté le domicile conjugal pour aller vivre avec son nouveau compagnon et patron à Saragosse.

On apprend rapidement que le père de Sylvia, Lorenzo, a tué son ancien associé qui l’a roulé. La police mène une enquête mais Lorenzo n’est jamais vraiment inquiété. Il va essayer de se reconstruire après le départ de sa femme. Il vit de petits boulots et tente une relation avec Daniela, la nounou des voisins du dessus. Mais rien n’est gagné…

Leandro, le père de Lorenzo, se conduit comme un idiot alors que sa femme, Aurora, s’est cassée la hanche. On apprend plus tard qu’elle a en fait un cancer et son état va empirer. Leandro se paie les faveurs d’une prostituée Nigériane pour oublier le quotidien. Mais la prostituée se fout bien de lui. Ce qui l’intéresse c’est l’argent. Leandro va aller jusqu’à hypothéquer sa maison pour ses folies sexuelles et va se brouiller avec un ami pianiste à la renommée internationale. Lorenzo tente à la fin de rattraper les bêtises de son père et ne lui demande pas trop d’explications. A-t-il le droit, d’ailleurs, de lui demander des comptes après ce qu’il a fait lui-même?

Sylvia va quant à elle nouer une relation avec Ariel, un footballeur argentin, après qu’il l’ait renversé un soir où il était ivre. Il est allé à l’hôpital pour lui demander pardon. Le jeune argentin, recruté pour son pied gauche extraordinaire, va en fait faire une saison passable dans l’équipe madrilène et sera contraint de trouver une autre équipe pour la saison suivante. Sylvia délaisse les études et met en péril son année scolaire.

David Trueba a voulu nous montrer ici la décadence de la société. C’est pas joli joli ! Les personnages connaissent tout d’abord des hauts, tout semble leur réussir, puis très vite c’est la chute, voire l’enfer. Il faut apprendre à vivre avec ses erreurs et s’adapter à de nouvelles situations. Chacun porte des blessures - plus ou moins visibles – et tente de les cicatriser. Les solutions ne sont pas toujours les bonnes…

La lecture a été longue et au début j’ai eu un peu de mal à accrocher. Je ne savais pas trop où l’auteur voulait m’emmener. Puis, je me suis attachée aux personnages. Certains m’ont dégoûtée… On sait exactement ce que chacun pense. Mais parfois David Trueba nous donne trop de détails. Il se perd en longueurs… De savoir comment les protagonistes s’envoient en l’air (que ce soit avec une prostituée ou leur petite amie) je m’en fiche pas mal. Ce qui m’intéresse c’est de savoir comment ils en sont arrivés là. Point.

Il y a cependant des moments forts dans ce livre. Mon avis est donc partagé, vous l’aurez compris.

Chronique réalisée par La plume et la page

Quatrième de couverture :

À Madrid aujourd’hui, une adolescente, un cadre au chômage, un vieux professeur de piano et un footballeur argentin vont tour à tour éprouver le désir de gagner et la douleur
de perdre. Nourri d’une foule de personnages, toutes générations et classes sociales confondues, ce grand roman choral, sublimé par la prose charnelle et incisive de David Trueba, brosse un portrait décapant, lucide et désenchanté de notre époque, de ses rêves de victoire et de ses innombrables défaites.



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