Kathryn Stockett, prix du roman étranger avec La couleur des sentiments

la-couleur-des-sentimentsKathryn Stockett, prix du roman étranger avec “La couleur des sentiments” chez Jacqueline Chambon éditeur. Traduction : Pierre Girard

Kathryn Stockett  est une charmante blonde de 40 ans, originaire du sud des Etats Unis, travaillant dans un magazine à New York. En 2009, elle réussit enfin à faire publier son premier roman «  The Help «  (titre original). Depuis, elle court de ville en ville pour répondre à ses lecteurs qui ont récompensé ses efforts en achetant par million son roman. De l’Indiana où elle se trouvait, Kathryn Stockett a répondu à nos questions et donné sa réaction à l’obtention de notre prix.

Kathryn Stockett, bonjour, Tout d’abord pourriez vous nous donner votre réaction à  l’obtention du Prix du Roman étranger du Grand Prix Littéraire du web ?

Bonjour et bonjour à tous mes lecteurs français. Je suis très honorée d’avoir été primée par des lecteurs français, et surtout d’avoir été lue. Je ne pensais pas que ma petite histoire sur un petit lieu que personne ne connait intéresserait des gens aussi différents. Je vous remercie donc d’avoir lu ‘ la couleur des sentiments ‘ .  Je suis profondément surprise et touchée que mon roman ai touché les lecteurs français. J’en suis vraiment très contente.

Qu’avez-vous pensé de la traduction du titre de votre roman ‘la couleur des sentiments ‘ ( le titre original est The Help, le secours ) ?

J’aime beaucoup cette traduction. Je la trouve très métaphorique et beaucoup plus poétique que mon titre original, j’aurai aimé la trouver, et surtout j’aurai aimé rencontrer le traducteur.

A votre avis, pourquoi votre roman touche autant de personnes aussi loin des Etats Unis ? Avez-vous pensé qu’il avait une portée universelle, voire politique ?

Je ne sais pas vraiment.  Ce n’est qu’une histoire sur un petit endroit du monde que personne ne connait. Je voulais juste raconter ce petit coin dont je viens et que je connais bien. Je voulais juste raconter l’histoire, retrouver la voix de femmes que j’ai connu comme ma nourrice.  Je ne suis pas historienne ou anthropologue, je suis juste écrivain. Je suis là pour distraire les gens, leur faire découvrir un endroit qu’ils ne connaissent probablement pas. Je voulais juste faire entendre la voix de ces femmes. Il n’y a pas de politique là dedans : il y a juste la vie.

Pourquoi un premier livre si tardivement dans votre vie ?

Cela m’a pris 5 ans de l’écrire et de le faire éditer. Je travaillais dans un magazine à New York et je n’ai jamais pensé que l’on pouvait gagner sa vie en écrivant. J’aime écrire c’est tout.  Ce n’était pas mon travail principal, c’était avant tout un plaisir. Maintenant je sais qu’on peut en vivre un petit peu (rires). Je travaille sur un deuxième livre, mais cela sera long. En attendant je m’intéresse au film qui sera tiré de ‘la couleur des sentiments’ et qui sortira en 2012. D’autant plus que c’est un de mes proches amis qui le réalise et le produit. J’ai déjà vu des rushs.  Il y aura autant de comédie que de drame à l’intérieur. C’est excitant.

Aux Etats Unis, votre livre a créé une polémique sur l’utilisation d’un dialecte pour vos personnages noirs, alors que vos personnages blancs parlent un anglais parfait. Qu’en pensez-vous ?

En vérité, je m’en fiche.  Plus exactement, c’est le propos même de mon livre : des gens qui ne sont pas d’accord et qui parlent ensemble.  Et puis, je n ai pas l’impression d’avoir trahi les voix que j’ai entendu dans mon enfance. J’ai probablement fait des erreurs certes. Mais je suis heureuse que les gens à travers ce livre discutent de ce qui est encore ici un tabou.  Nous avons honte de ce que nous avons fait dans les années 60. Nous avons alors arrêté d’en parler, cela ne nous a pas empêché de continuer à penser ce que nous voulions. Nous n’en parlions pas. Aussi je suis heureuse de provoquer à nouveau le débat, la discussion sur la race, le racisme.  Mais j’espère que les choses ont changé et continueront à changer.  Et si cela touche un large public, c’est peut être pour cette raison là : les hommes ne sont que des hommes, partout dans le monde.

Quand viendrez-vous en France, rencontrer vos lecteurs ?

Je ne sais pas encore, probablement lors de la sortie du film. Je suis venue en France en mai dernier, à Saint Tropez, j’ai dansé toute la nuit, je me suis tellement amusée. J’aimerai revenir mais mon emploi du temps est chargé. Voyez vous lundi en 8 je serai à Londres et après qui sait ?

Retrouvez la chronique de son roman ici

Interview réalisée par Abeline Majorel



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