La fée Benninkova de Franz Bartelt

La fée Benninkova Franz BarteltLa fée Benninkova de Franz Bartelt aux éditions Le Dilettante

Il y a des livres auxquels vous n’auriez pas accordé un regard, que vous n’auriez jamais lu. Il y a aussi ceux que, sans un minimum de contrainte, vous n’auriez peut-être pas lu jusqu’au bout. Alors je remercie Abeline grâce à qui j’ai eu ce livre entre les mains, pour qui j’ai un peu poussé ma lecture et grâce à qui j’ai découvert une jolie pépite.

Dès le début du roman, on s’interroge. Dès la première question : « Vous êtes bien Clinty Dabbot, le célèbre handicapé ? », je me suis demandée dans quoi j’avais mis les pieds. D’autant que cette femme est une fée avec un nom à coucher dehors : La fée Benninkova. Très bien, je pensais le postulat posé : me voici embarqué dans un conte pour enfants un peu particulier. D’autant que la couverture semblait confirmer cet horizon de lecture.

Et très vite, le ton grince… Clinty est handicapé, donc, et reçoit chaque jour la visite de Marylène dont les attraits physiques ne le laissent pas indifférents. Clinty va donc raconter à la fée, avec toute la naïveté qui le caractérise, comment cette femme a réussi à le dépouiller jour après jour de tout ce qu’il possédait et ce, en échange à chaque fois de la vue d’une partie de son corps.

La fée est horrifiée de ce qui est arrivée à Clinty. D’ailleurs, elle attend chez lui la livraison d’une nouvelle baguette magique que doit lui livrer la Poste. Et là, elle pourra réaliser le vœu le plus cher de ce pauvre homme.

Ce qui se donnait comme un conte pour enfant n’en a que le vernis. Ce roman est une merveille de dérision mais aussi de dénonciation. Sous ses airs naïfs, on y lit des choses purement abominables. Mais qui est en fait cette fée ? Quand on le pressent vers la moitié du roman, la tension ne cesse de monter. La lecture m’a même tiré un petit cri d’effroi car je sentais venir l’issue du roman. Toutefois, l’auteur réussit un coup de maître avec le petit retournement des toutes dernières pages qui m’ont laissée sans voix. Je dois même avouer que je m’interroge encore quant à cette fin.

C’est un livre bien trop court pour que je vous en dévoilé un atome de plus. C’est une découverte et un coup de cœur. Faites-lui une place dans votre bibliothèque.

Chronique réalisée par Stéphanie de Mille et une pages

Quatrième de couverture :

Les contes de fées, on connaît, mais les mécomptes d’une fée, la chose est beaucoup plus rare, et fort pathétique. Dont acte avec la Benninkova de Franz Bartelt qui s’en vient cogner, minuit sonnant, à l’huis de Clinty Dabot ! La pauvrette s’avoue toute harcelée par trois malheurs : une envie pressante, la perte de sa baguette et le péril rôdant des Grands Lutins Noirs, horribles malfaisants, gourmets de fées qu’ils dépiautent et savourent en bande. Surpris mais compatissant, Clinty Dabot, béquillard à la patte folle et au dos en vrac, lui offre une hospitalité récompensée, comme il se doit, quand la régie régionale des baguettes de fées aura renvoyé un autre spécimen, par le traditionnel voeu exhaussé. La fée s’acclimatant et la confiance venant, Clinty se met à dévider par le menu les replis d’une existence aussi tortueuse et douloureuse que son squelette. Une vie hantée par le dévoilement tarifé (et au plus haut !) de l’anatomie de Marylène, l’opulente caissière du supermarché dont les rondeurs, les plis et replis, la fourrure et les accès intimes sont la terre d’aventure du Clinty Dabot. Noir, goguenard, hilare et féroce, ce conte féérique inspiré par la fée Clochette et la pulpeuse Paulette de Pichard, est ciselé par le talentueux Franz Bartelt. Un régal !



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