Saison de lumière de Francesca Kay

Saison de lumière Francesca KaySaison de lumière de Francesca Kay aux éditions Plon

Saison de lumière est le premier roman de Francesca Kay, récompensée par l’Orange Prize catégorie Nouveaux Ecrivains et s’il est vrai que c’est un premier roman parfaitement maîtrisé tant dans son impeccable construction que dans son style, sa lecture m’a hélas laissée totalement indifférente.

Angleterre, années 50 : Jennet Mallow est une jeune fille intelligente et douée pour le dessin. Elle vient d’obtenir une bourse pour l’école d’Art de Kensington et fait la connaissance de David Heaton, un peintre un peu plus âgé qu’elle et auréolé déjà par une belle réputation. Elle tombe amoureuse de lui, ils se marient, ont des enfants… Jennet assume seule les tâches familiales, dans l’ombre de cet homme à la beauté ténébreuse et au talent fantasque, alcoolique et tourmenté. Femme effacée mais à la volonté de fer, Jennet continue quand même à peindre, et devient célèbre.

Saison de lumière est un roman qui se présente donc comme la biographie de Jennet, de la plume d’un narrateur dont l’identité ne sera dévoilée que tardivement : on la suit de sa naissance (et même un peu avant puisqu’on apprend quelques éléments de l’histoire de ses parents) à la mort, jeune fille un peu perdue, femme amoureuse et naïve, mère, artiste, amante, femme célèbre… Jennet est un personnage auquel je n’ai jamais réussi à m’intéresser : trop de froideur (extrêmement bien rendue dans la description de ses tableaux), trop de cérébralité étonnamment doublée d’une naïveté mal assumée ; j’ai trouvé que ce personnage était au mieux inintéressant, au pire qu’il sonnait faux. Et le style, même si je lui reconnais une grande maîtrise, est à l’image de cette femme : sec, froid, dénué de chair et de souffle. Si l’on ajoute à cela l’omniprésence de la peinture, un sujet qui m’est étranger, on obtient un roman pour moi éminemment oubliable, ce qui est d’autant plus dommage que l’histoire qu’il raconte avait la densité nécessaire pour être véritablement passionnante, de même que certains personnages, juste esquissés, auraient pu être plus que de pâles silhouettes (David notamment, le seul personnage dont on subodore qu’il a une personnalité véritablement complexe et juste). On ne peut qu’espérer que Francesca Kay mettra à l’avenir son talent certain au service de personnages plus humains.

Chronique réalisée par Fashion

Quatrième de couverture :

Dès l’enfance, l’instinct de Jennet Mallow la pousse vers le dessin, elle scrute les êtres et les choses et donne à la réalité ses couleurs, sa clarté et ses contrastes, le filtre de ses émotions. Mariée à un jeune peintre talentueux, Jennet grandit à ses cotés, se révèle dans son ombre parfois pesante, parfois vacillante. David Heaton est doué, fantasque, charismatique, mais il est malade, d’alcool et d’orgueil. Et Jennet est en train de devenir une artiste, déclanchant la spirale destructrice de jalousie qui peu à peu rongera sa relation avec David.

De l’Espagne des années 1950 au fog londonien, leurs vies s’effondrent, s’épanouissent, se croient et se décroisent, transportées par la passion et le pouvoir de la création. Histoire d’art et d’amour, Saison de lumière est un premier roman éblouissant, qui parvient à mêler les formes d’expression, unissant, par la magie de ses correspondances poétiques, l’artiste et l’écrivain dans le même souffle créateur.



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