Le livre des brèves amours éternelles d'Andreï Makine

Le livre des brèves amours eternelles Andreï MakineLe livre des brèves amours éternelles d’Andreï Makine aux éditions Seuil

Derrière ce titre poétique se dissimulent huit histoires d’amour qui ont marqué le narrateur, et qu’il raconte (presque) chronologiquement, le roman s’ouvrant et se fermant sur la figure de Dmitri Ress, l’homme dont la vie fut brisée finalement plus par l’amour pour une jeune fille naïve qui se croyait révolutionnaire que par le régime soviétique qui l’a interné à de nombreuses reprises et a fini par l’achever. On voit donc défiler des figures aimantes ou amoureuses : la jeune femme qui pleure dans le parc et dont la douleur marque à jamais le narrateur enfant, la femme qui a vu Lénine et qui se cache, la jeune fille qui habite près de l’usine, celle qui entraîne le narrateur dans la plus ubuesque pommeraie du monde… Toutes ces femmes sont liés dans l’esprit du narrateur à des périodes de l’histoire de la Russie, de sa découverte de la propagande à sa volonté de croire à l’utopie communiste, de la répression et de l’emprisonnement des résistants politiques à la chute du Mur de Berlin, de Staline à l’époque contemporaine.

Le narrateur a la volonté de présenter en courtes vignettes ces moments finalement symboliques qui ont été vécus dans la simplicité du moment. Malgré ses interrogations politiques dont il est difficile de se défaire quand on est né dans un pays qui a connu le totalitarisme, le narrateur a toujours la volonté de mettre en avant la beauté de la nature et l’harmonie possible dans laquelle l’homme peut vivre avec elle. Il y a de beaux passages dans ce roman (notamment l’histoire de Jorka, mutilé par l’explosion d’un obus et le vieux couple croisé à la gare) et quelques réflexions intéressantes (l’apparition inattendue de Patrick Dewaere et sa contribution à la chute du Mur) mais ils sont hélas trop brefs et trop peu nombreux. J’ai trouvé l’ensemble assez artificiel et le style de Makine m’a déplu, il flirte volontiers avec une certaine préciosité ampoulée que je n’apprécie pas du tout.

Chronique réalisée par Fashion

Quatrième de couverture :

Andreï Makine s’est toujours montré très secret sur sa jeunesse : on peut néanmoins penser que Le livre des brèves amours éternelles nous apporte quelques précieuses clés. En une succession de scènes, d’histoires presque indépendantes les unes des autres, nous assistons à la maturation sentimentale d’un jeune Soviétique des années 60 et 70. Au début, c’est un gamin de dix ans placé en orphelinat qui, au cours d’une promenade, rencontre une belle jeune femme en deuil d’un marin, dont il tombe amoureux. A la fin, après bien des brûlures et des éblouissements, le narrateur a vingt-cinq ans, il a appris à se méfier des « orgues extatiques » de l’adolescence et à leur préférer le parfum d’éternité qui se dissimule dans certains paradis fugaces. Cela nous vaut de splendides portraits de femme, comme les éclats d’une mosaïque, enchâssés dans la palpitation du cosmos, la lumière d’un paysage, ou tout simplement dans la laideur d’une banlieue soviétique. Car l’oppression, la guerre, qui étaient au cœur de ses derniers romans, ne se sont pas effacés, mais se trouvent comme tenus à distance par la magie d’une prose toute en suggestions.

Andreï Makine est né en 1957 en Sibérie et vit en France depuis plus de vingt ans. Il est l’auteur, entre autres, du Testament français (prix Goncourt et prix Médicis), de La Musique d’une vie qui a marqué son arrivée au Seuil, de La Femme qui attendait, traduits dans le monde entier.



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