Les Oiseaux noirs de Massada d’Olivia Elkaim

Les Oiseaux noirs de Massada d’Olivia Elkaim chez Grasset

L’histoire : Klara est une jeune chanteuse de cabaret. Elle est juive et a été élevée par sa grand-mère Mouna qui a toujours refusé de se livrer sur sa vie et ses origines. Un soir, Ron, un producteur israélien qui souhaite monter un spectacle musical sur l’histoire de Massada [Massada, rocher surplombant la mer Morte où en 73 après JC., un milliers de Juifs préfère le suicide à la reddition] repère Klara : son héroïne, ce ne peut qu’être elle. Les deux êtres s’éprennent et Klara décide de le suivre en Israël, où le climat est très tendu. La déception et la désillusion arrivent très vite : Ron est marié et a des enfants. La voix de la jeune femme disparaît. Elle est anéantie. Seule sa grand-mère peut trouver les mots pour lui redonner le goût de vivre. Mouna prend l’avion mais ce voyage n’est pas anodin pour elle. Cette femme a, tout au long de sa vie, garder au fond d’elle un secret : elle aussi a aimé profondément, elle aussi a perdu l’homme qu’elle aimait durant la seconde guerre mondiale. Pour elle aussi, Massada revêt une signification particulière. Les révélations sont proches…et l’arbre généalogique de Klara jusqu’à présent vide se remplit peu à peu.
Deux destins de femmes indéfectiblement liés qui nous emmènent de Paris à Gaza, des années 40 aux années 2000.

J’ai littéralement dévoré ce roman. Le style est agréable, l’écriture est précise (poétique parfois) et l’ensemble très bien mené. Le rythme va crescendo au fil des pages et nous accompagnons bien volontiers les personnages. On suit Klara puis on s’attache à la vie de Mouna qui s’appelait alors Edna, à ses parents, à sa situation d’avant-guerre. Olivia Elkaim construit très finement son roman : on connaît, avant la jeune fille, la vie de sa grand-mère. L’échange entre les deux femmes à la fin du roman n’en est que plus touchant. L’auteure évoque en toile de fond sans ornement, ni cliché des périodes historiques : les années folles à Paris, la seconde guerre mondiale, le conflit Israëlo-palestinien. Au premier plan, deux femmes d’une même famille animées par la passion, l’amour et les questionnements qui en découlent. Une réflexion sur l’identité, sur les liens familiaux, sur le besoin de connaître ses origines, sur le poids des secrets, sur la mémoire …
Un très joli roman, fort, émouvant et aux multiples correspondances.

Chronique réalisée par Ma petite librairie

Quatrième de couverture :

 » Ce soir-là, alors qu’elle devait rejoindre Klara au Blue Bird, Mouna avoit enfoui tout cela, la plaque commémorative, l’inscription rose dans le marbre blanc, les souvenirs de la rue Custine, son secret, et elle était allée écouter chanter sa petite fille.  »

Un lieu : Massada, rocher surplombant la Mer Morte, où en 73 après JC, un millier de Juifs préfèrent le suicide à la reddition.
Deux femmes : Klara, une jeune chanteuse de cabaret, et sa grand-mère, Mouna.
Deux destins marqués par le secret d’un amour perdu.

Un second roman puissant et émouvant qui dressse le portrait de deux femmes passionnées, et entraîne le lecteur du Paris des années Trente aux rives de la Mer Morte.



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