Les vacances d'un serial killer de Nadine Monfils

Les vacances d'un serial killer Nadine MonfilsLes vacances d’un serial killer de Nadine Monfils aux éditions Belfond

« Un walkman orné de pompons roses sur ses oreilles, elle écoute Cool Connexion. Des as du Hip-Hop. Le père, lui, préfère les chansons à texte de Sheila. »

Dans la famille Destrooper je demande le père : Alphonse, entrepreneur, qui part en vacances avec sa bagnole chérie, sa femme Josette, son fils Steven, sa fille Lourdes et sa belle-mère Mémé Cornemuse, surnommée ainsi parce qu’elle aime les écossais qui ne portent rien sous leur kilt.

Derrière la bagnole chérie, y’a la caravane avec Mémé dedans. Sur la banquette arrière trainent les deux ados bougons. Josette arrive comme toujours en retard affublée d’une capeline en paille, Steven s’amuse à tout filmer avec sa petite caméra, Lourdes rêve qu’elle deviendra un star. Direction la mer du Nord, sa plage et le petit hôtel (évidemment miteux) dans lequel ils ont réservé. Mais un motard pique le sac de Josette, Alphone s’arrête dans un resto-route, Steven pose sa caméra dans les toilettes et découvrira plus tard sur le film qu’un motard a été assassiné. Dans les toilettes. Alphone aurait-il vu rouge après le larcin du voleur ?

Le moins qu’on puisse dire c’est que le rythme est rapide dans ce roman : tout va vite, notre famille Destrooper, croquée avec verve et caricaturalement plouc va vivre de aventures pour le moins rocambolesques. Un tueur en série fraichement évadé de prison, des p’tites pépées, des morts en pagaille, des situations qui s’enchainent et des cadavres à dissimuler dans les dunes. Mémé Cornemuse n’est pas la plus sainte de tous, loin s’en faut.

On ne s’y ennuie pas, certes, et quelques traits d’humour font mouche. Ceci dit, le style, largement agrémenté de points d’exclamation (au cas où le lecteur de comprendrait pas que c’est sensé être drôle ?) pêche à la longue et au final par sa platitude (« Mémé Cornemuse a mal au poignet. Après avoir pompé la dard de l’autre truffe, elle l’a astiqué pire qu’une brosse à reluire. Plus l’habitude. Avec son légitime, ça faisait des plombes qu’ils faisaient chambre à part. Parce que le vieux ronflait et préférait le Tour de France aux galipettes. Chacun son truc. ») (« Arrivé près des dunes, il ouvre son coffre et en extirpe le gaillard ! V’là-t-y pas que ce corniaud se met de nouveau à gémir ! Décidément cette vieille carne est increvable, comme dans les films américains ! Un nouveau coup de clef à molette envoie le motard ad patres. Reste plus qu’à creuser. Heureusement, Biloute a toujours une pelle dans son coffre. On ne sait jamais… Une fois que le trou est fait il balance le gars dedans et le recouvre de sable. Ni vu ni connu. Il a creusé assez profond pour qu’aucun môme ou clébard ne le déterre. »).

Bien dommage, donc, parce que même si ces aventures complètement déjantées pourraient faire rire ou sourire, elles sont totalement éclipsées par un style où la grivoiserie devient systématique et caricaturale. On objectera peut-être que le style est en accord avec cette famille qui mélange Bidochons et Simpsons et probablement bien d’autres, que de nombreuses références à la chanson française ou anglo-saxonne viennent l’agrémenter, il n’en reste pas moins, au final, trop lassant.

Chronique réalisée par Amanda Meyre

Quatrième de couverture :

C’est l’été… Alfonse Destrooper, chef d’entreprise passionné de tuning, s’apprête à partir avec toute sa famille sur les bords de la mer du Nord. Cette année, il a réservé aux Mouettes rieuses, une charmante pension de famille recommandée par un ami. Josette, sa femme, une parvenue sans jugeote et accro aux magazines people, est bien décidée à se la couler douce, entre farniente à la plage et shopping dans la station balnéaire. Les enfants, Steven et Lourdes, deux ados boutonneux et vidéastes en herbe, ont emporté leur caméra pour immortaliser ces vacances tant attendues. Quant à la mémé, véritable Calamity Jane, elle les accompagne dans sa vieille caravane qu’Alfonse a accrochée à l’arrière de la voiture. Mais le voyage commence mal. Josette se fait piquer son sac par un motard qui se fait la malle. On s’énerve chez les Destrooper… Furieux, Alfonse s’arrête un peu plus loin dans un restoroute. Steven et sa sœur, avec leur manie de tout filmer, s’amusent à planquer leur caméra sous les cloisons des toilettes de l’établissement, histoire de recueillir quelques images truculentes. Alfonse ayant calmé ses nerfs, la famille reprend la route. Pour passer le temps, les ados visionnent les images prises dans le restoroute et… stupeur, découvrent sur l’écran le cadavre du motard gisant au pied des toilettes ! Pour couronner le tout, la magnifique pension dans laquelle les Destrooper ont prévu de séjourner est un rade pourri et, cerise sur le gâteau, la sulfureuse mémé n’a trouvé rien de mieux pour s’occuper que d’aménager sa caravane en salon de voyance. Les vacances en enfer ne font que commencer…



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