Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

Les heures silencieuses Gaëlle JosseLes heures silencieuses de Gaëlle Josse aux éditions Autrement

En cette fin d’année 1667, Magdalena van Beyeren prend la mesure du temps qui passe. Elle n’est plus si jeune, et le moment des confidences lui semble venu. Fille aînée de l’administrateur de la Compagnie des Indes orientales de Delft, elle n’a pu lui succéder, mais elle est parvenue à faire un mariage d’amour. Sa curiosité et son sens des affaires sont loin de s’être émoussés, et son époux, s’il semble s’éloigner d’elle, apprécie toujours autant ses conseils. Ses enfants grandissent, et leur éveil à l’amour lui fait sentir le temps qui passe. Elle choisit donc de livrer, sous forme de journal, ses souvenirs d’enfance, puis de jeune femme et d’épouse. Elle exprime sa frustration d’être femme en un siècle où l’appartenance au sexe faible relègue à la gestion du foyer.

S’inspirant d’un tableau réalisé par Emmanuel de Witte, Gaëlle Josse imagine la vie de la femme qui y est représentée de dos, penchée sur son épinette. Chaque détail de la toile est prétexte à développer un aspect du quotidien de celle qu’elle baptise Magdalena. L’auteur parvient à recréer l’atmosphère liée à une époque reculée et à un lieu aussi particulier que l’est un port. Les détails de la vie domestique, les préoccupations professionnelles des armateurs, les découvertes de nouveaux produits rapportés d’outre mer, les inquiétudes de la mère de famille, tout est dépeint avec vraisemblance. Les confessions de Magdalena sont émouvantes car, sans se plaindre, elle mesure les malheurs et les déceptions qui ont jalonné sa vie et celle de ses proches. Elle exprime, dans un style à la fois simple et doucettement lyrique, le dépit de ceux qui ont pris conscience des limites de l’être humain, de ses imperfections, et qui en prennent vaillamment leur parti. Le lecteur se laisse prendre par ce texte aussi court que profond, comme happé par l’œuvre de Witte. Et une fois le livre refermé, il peut poursuivre l’expérience en contemplant le tableau d’où tout est parti. Avec Les heures silencieuses, Gaëlle Josse offre un premier roman qui en fait espérer d’autres.

Chronique réalisée par Mrs Pepys

Quatrième de couverture :

Journal intime de Magdalena, épouse de Pieter van Beyeren, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales. Issue d’une famille de riches armateurs, la jeune femme évoque sa déception de n’avoir pu succéder à son père, sa rencontre avec son mari, les failles de son existence et surtout un souvenir qui l’oppresse : le meurtre dont elle a été le témoin, enfant. Premier roman.

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3 total comments on this postSubmit yours
  1. Bonjour,
    on vient de ma signaler votre chronique des Heures silencieuses sur votre blog, que je découvre également avec plaisir. Je suis très touchée de cette lecture sensible que vous en avez faites. Merci !
    Gaëlle

  2. Magnifiquement écris. On lit le journal intime de Magdalena avec gourmandise, en souhaitant qu’il ne se termine jamais… Les mots sont justes. Le style sobre et élégant. Ce livre est un petit bijou. J’ai adoré et j’attends avec impatience le prochain roman de Gaëlle JOSSE.

  3. J’ai aimé ce livre pour ces descriptions d’une vie de famille au 17ème siècle à Delft. Ce qui m’a beaucoup dérangé est VEERMER pour le célèbre peintre hollandais Johannes VERMEER. Cette faute revient plusieurs fois. Dommage !

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