Le léopard de Jo Nesbø

Le léopard Jo NesboLe léopard de Jo Nesbø aux éditions Gallimard

Après l’affaire du Bonhomme de neige, Harry Hole s’est exilé à Hong Kong. Fondu dans la mégalopole grouillante, il survit plus ou moins, jusqu’au jour où une jeune policière vient le chercher. Des meurtres sanglants sont commis en Norvège et la police a besoin de Harry, seul spécialiste des meurtres en séries. Et ceux ci sont particulièrement violents : les victimes, deux femmes, sont noyée dans leur propre sang sans que l’on sache quelle arme les a tuées. Harry, poursuivi par la mafia chinoise, accepte de suivre Kaja Solness la jeune policière.

Où nous retrouvons donc Harry Hole, inspecteur alcoolique, drogué, démoli par le départ de Rachel et Oleg, inspecteur rebelle méprisant et méprisé. Cette enquête s’avère passionnante et Jo Nesbø s’applique à brouiller les pistes, les démêler pour mieux les enchevêtrer à nouveau. De Hong Kong à Oslo en passant par le Congo, l’intrigue, complexe, mêle adroitement guerre des polices (la brigade criminelle et la Krispos sont en guerre, et chacune cherche à arrêter le meurtrier en premier), affres du héros (Harry Hole, personnage complexe, riche, intrigant) tout en accueillant des personnages secondaires parfaitement réussis (l’inspecteur Bellman, de la Krispos, ivre d’ambition et de réussite, qui cherche à détruire socialement et professionnellement Hole, Katherine Pratt qui, après Le Bonhomme de neige, revient de façon surprenante et tient là un second rôle fort intéressant, ou encore, surprise, le Bonhomme de neige lui-même, et j’en passe). Si le roman, au début, peut paraître longuet, l’action une fois démarrée ne fait aucune pause et Jo Nesbø ballade son lecteur de rebondissement en retournement de situation, de nouveau meurtre en hypothèses aussitôt démolies.

Harry Hole est démoli et pourtant doté d’une capacité à survivre à tout, il s’arrachera à une mort certaine plus d’une fois. On pourrait trouver tout ça tiré par les cheveux, tout comme on pourrait trouver le tout parfois frôlant le cliché facile (le flic alcoolique, le flic véreux, la guerre des polices et d’autres encore) mais Jo Nesbø corrige le tout grâce à une intrigue complexe parfaitement maîtrisée et réussie de bout en bout, qui fait oublier ces 760 pages qui s’avalent goulûment.

Chronique réalisée par Amanda Meyre

Quatrième de couverture :

Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang. La police, en pleine guerre interservices, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur.
La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent. Ce flic s’appelle Harry Hole…
Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Harry Hole le détective au grand cœur et à la gueule cassée, Jo Nesbø nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant. Nous promenant des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo, rien ne nous est épargné : avalanches mortelles, volcan en éruption, tueur en série à faire frémir, guerre des polices et manipulations en tout genre, sans oublier une histoire d’amour en arrière-plan pour offrir des moments de respiration au cœur de cette tornade d’action aux reflets d’hémoglobine. Nesbø mène son récit tambour battant, comme au volant d’un bolide lancé à tombeau ouvert jusqu’à la dernière page. Un thriller magistral.

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