Mr de Emma Becker

Mr Emma BeckerMr de Emma Becker aux éditions Denoël

Qu’est ce qu’on peut écrire quand on a vingt ans ou deux de plus, qu’on a envie de se lancer dans le grand raout de l’écriture ? Il faut vendre. Et pour ça, le cul, ça aide. Donc on se lance dans un bon roman où le cul et la baise auront la part belle.

Ca, c’est la première chose qui vient à l’esprit quand on entame Mr, de la jeune Emma Becker. Mr, c’est un médecin réputé que Ellie, la narratrice du roman contacte par mail. Grande amatrice de littérature érotique (Calafarte, Sade, …), admiratrice de Nabokov (Ellie avoue d’ailleurs dès les premières pages que son récit sera le point de vue d’une Lolita), Ellie contacte donc le bel homme, ami de son oncle, ami de la famille qui la faisait sauter, petite, sur ses genoux. Lolita 22 ans contre Humbert Humbert 46 ans. Ellie contre Monsieur. Un échange de mails, de sms, puis la rencontre et ces mardis matin passés dans des chambres d’hôtels. Une liaison sulfureuse et le récit d’une domination, d’une aliénation. D’une rupture, de retrouvailles. D’une rupture à nouveau.

Ames pudiques s’abstenir. Ames sensibles et prudes ne lisez pas ce roman si vous ne voulez pas rougir. Aucun détail n’est épargné, ni les positions ni les réactions ni les désirs ni les dégoûts. C’est cru, archi-cru. On pourrait reposer le roman en se disant OK encore un roman-confession d’une aspirante écrivain en mal de reconnaissance médiatique et pour ça seul le cul marche. Emma Becker n’échappe pas à la règle. Ce qui la sauve, si l’on peut dire, c’est qu’elle manie le verbe avec application, que l’aliénation, la soumission, le manque (de sexe, de Monsieur une fois la rupture consumée) apparaissent derrière l’érotisme sulfureux des scènes de sexe. Emma Becker parle de sexe et de jeunesse, de manipulation, de soumission. Une Lolita, donc, ou une Justine pas vierge, parce que toutes les routes sont bonnes à prendre, d’après Monsieur, et les chemins détournés réservent finalement bien plus de surprises, bonnes ou mauvaises. La victime consentante s’est jetée elle même dans la gueule du loup, elle le verra de près.

OK. Mais bon. Au final, ça reste le roman d’une jeune écrivain qui parle de cul avec des mots crus, mais on bout d’un moment, on s’ennuie ferme, quand même. Bof.

Chronique réalisée par Amanda Meyre

Quatrième de couverture :

Parfois on extrait une écharde. Parfois on s’extrait d’une écharde. Le reste importe peu. Le reste n’est que ce long processus de désamour qui ramène toutes les petites filles à des rivages où elles désapprennent la douleur, la compromission, l’abnégation, le tourment – où les chagrins sont moins poignants et le plaisir moins dense.

Ellie, vingt ans, mène une existence légère et insouciante jusqu’au jour où elle rencontre Monsieur, un chirurgien marié approchant la cinquantaine. D’abord épistolaire, leur liaison prend son envol dans une chambre d’hôtel du quinzième arrondissement. Au gré des rencontres clandestines et d’appels téléphoniques fugaces, Ellie traversera plusieurs mois d’attente fiévreuse. Un engrenage passionnel dont elle tentera sans succès de se déprendre.
Un roman-confession. Une description cruelle de la traversé du fantasme. Le désenchantement d’une Lolita contemporaine.

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