La gifle de Christos Tsiolkas

La gifle Christos TsiolkasLa gifle de Christos Tsiolkas aux éditions Belfond

Un cercle d’amis réunis autour d’un barbecue.
Entre un peu de chutney et une beetroot, on rit, on paresse au soleil. Mais chacun est venu avec ses petits problèmes personnels.
Un couple au bord du gouffre, un boulot qu’on n’a plus envie de faire, des enfants chronophages. Rien de bien méchant, en somme.
Des tracas qui portent tout de même sur les nerfs. Aussi, quand Hugo, un gosse de quatre ans infernal, hurle pour la énième fois, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Une gifle part.
Il y a ceux qui en silence approuvent le geste de Harry. Mais les parents le voient d’un autre oeil. Et Rosie, la mère du garçon compte même porter plainte.
Frapper un enfant, ça ne se fait pas.
Le barbecue tourne court, chacun rentre chez soi. Aïsha se faisait pourtant une joie de ce moment entre amis.

Commence alors le décryptage des personnages.
Un par un, la lumière se fait sur eux. Si au début ils incarnent des habitants lambda, cette gifle sera le point de départ d’une fêlure grandissante que rien n’arrêtera.
Rien n’échappera au narrateur omniscient. Il inspecte ses personnages : doutes, joies, silences qui en disent long, tout sera passé au peigne fin, et sous les yeux des lecteurs s’étalera la vie intime de chacun.
A chaque nouvelle section du roman, un nouveau personnage sera mis sous le feu des projecteurs.
On comprendra les motivations d’untel, on s’offusquera des agissements d’un autre, mais de tous on déplorera leur vie médiocre.
Toutes ces vies montrent la petitesse des gens, leur état larvaire. Souvent leur vie ne leur convient pas, mais ils font avec. Ils composent avec.
Une génération désenchantée.
Ainsi ce roman est-il une vision assez lugubre de notre société moderne.
Sous des allures de melting-pot réussi, le narrateur épinglera ces petites vies, montrant tour à tour le mensonge, la tromperie, les désillusions, le racisme, la misogynie, l’alcoolisme, mais aussi la solitude. De temps à autre il s’interrogera aussi sur l’héritage des générations précédentes dans nos vies actuelles, l’avenir ressemblant davantage à une voie sans issue qu’à une autoroute.
Le lecteur se prend les jambes dans ces personnages, il s’encombre lui aussi de leur vie. A l’instar du narrateur, il les observe, et ce qu’il voit ressemble à s’y méprendre à un miroir de la société moderne. Les adultes font l’amour à outrance, se droguent, se mentent ; les enfants sont gavés de jeux-vidéos et de télévision.
Consommation, consommation, consommation. Tel est le maître-mot.
C’est souvent acide, parfois vulgaire. On se tient au livre comme à la barre d’un bateau. On essaie de ne pas chavirer avec ces personnages, on se rassure en se disant qu’on n’est pas comme eux.
Mais au final on sait que ce portrait est celui d’une société en perdition. La nôtre.

Pour lire ce roman, il ne faut pas avoir peur de se frotter à un portrait au vitriol de notre société. Il n’y a guère de place pour les oies blanches. On réagit ou on coule.
Détonnant, décapant, dérangeant.

Chronique réalisée par Leiloona

Quatrième de couverture :

Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation dans la lignée d’un Don DeLillo ou d’un Jonathan Franzen.

Lors d’un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n’est pas le sien.

Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d’événements explosifs. Mais aussi révéler, derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l’alcool, la honte et une extrême solitude.

Tour à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d’un Occident en pleine confusion.



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