La nuit de Lampedusa de Daniel Picouly

La nuit de Lampedusa Daniel PicoulyLa nuit de Lampedusa de Daniel Picouly aux éditions Albin Michel

La nuit de Lampedusa réunit Bonaparte, le chevalier Saint George, Joséphine de Beauharnais, le général Berthier, et beaucoup d’autres. Le roman s’ouvre, sur le récit du général Berthier qui écrit la notice nécrologique de Bonaparte puis sur l’enterrement de Saint Georges, qui commente ses obsèques en observateur caustique : Jeanne sa maîtresse se découvre enceinte tandis que l’ennemi de toujours du Chevalier, le Mac vient demander des comptes sur sa tombe. De son coté, Bonaparte, pas encore empereur, est embourbé dans sa campagne d’Egypte tandis que Josephine occupe son temps entre amants et voyantes.

Il y a des romans historiques réussis. On y trouve un événement ou des personnages réels, une touche de romanesque, une pincée de vision personnelle, le tout lié avec un style agréable, qu’il soit recherché, décalé ou drôle. Ils respectent la réalité même si l’auteur y a ajouté une touche personnelle.

Des personnages historiques ? Oui, nous les avons avec Bonaparte, Berthier, Joséphine, Saint Georges et consorts.

La touche personnelle ? Oui, on peut sans doute appeler touche personnelle le fait de réinterpréter un réalité historique (Bonaparte s’est bien embourbé en Egypte en voulant couper la route des Indes aux armées anglaises, Josephine n’a jamais été fidèle, de même que son mari). Néanmoins Daniel Picouly, en entrecroisant les trois récits (ceux de Bonaparte, de Josephine et de Jeanne et ses acolytes) en de courts passages ne cesse de passer d’une histoire à l’autre, embourbant son récit par ces petites saynètes qui semblent bien décousues et s’enchaînent dans une alternance qui devient, au final, totalement lassante et surtout ennuyeuse à périr.

Le romanesque ? Oui, les aventures de Mac, Jeanne et ses chevaliers servants sont sans doute sensés apporter ici une touche d’aventures. Mais que de vent dans ces aventures si peu crédibles, si peu intéressantes, si vaines et creuses que l’on se demande à quoi elles servent, dans la mesure où le tout ne mène à rien. L’utilisation de personnages réels et fictifs n’apporte rien de neuf à ce que nous savons de l’Histoire, et l’amoncellement d’anecdotes fictives ne fait que plonger le tout dans un magma dépourvu de saveur.

Une vision personnelle ? Oui, c’est le moins qu’on puisse dire. Là dessus rien à dire. D’ailleurs Daniel Picouly ajoute des détails très personnels, comme ce quartier noir de Paris appelé Harleem, ou le chevalier Mac, inventeur de la restauration rapide.

Le style agréable ? Eh bien non, justement : le style est simpliste (j’ai lu certains commentaires parlant d’un style « soutenu », « plombant » « riche » : je l’ai trouvé fade et sans relief aucun), et la narration au présent plombe le tout.

Bref, un roman pour moi insipide et inintéressant, aussi fade et creux que mal écrit, dont la lecture fut un pensum.

Chronique réalisée par Amanda Meyre

Quatrième de couverture :

Comme Alexandre Dumas, Daniel Picouly n’hésite pas à violer l’Histoire pour lui faire de beaux enfants. Dans La Nuit de Lampedusa, il lui en fait deux, tout en la respectant… au mieux.

Si en juin 1799, on enterre bien le chevalier de Saint-Georges à Paris, sait-on que son ami le général Dumas, prisonnier en Sicile, l’a appelé à son secours ? Le célèbre maître d’arme et de musique n’ayant pu répondre, et pour cause, ce sont Jeanne, son dernier amour, et ses deux frères d’armes, qui vont relever le défi au prix d’aventures rocambolesques. Sur les flots de la Méditerranée, au large de l’île de Lampedusa, le regard de Jeanne croise celui d’un général malchanceux qui s’en revient d’Egypte. Il se nomme Napoléon Bonaparte et n’a plus qu’une obsession : revoir la belle inconnue…

Après L’Enfant léopard (prix Renaudot) et La Treizième Mort du chevalier, on retrouve la générosité, la verve et l’imagination débordante de Daniel Picouly dans une course effrénée à mi-chemin entre roman historique et policier. Ouvrez ce livre et le spectacle commence !



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