Le dernier mot de Gisèle Fournier

Le dernier mot Gisèle FournierLe dernier mot de Gisèle Fournier aux éditions Mercure de France

Le dernier mot est un petit roman saisissant. Son côté polyphonique ainsi que l’alternance de deux narrateurs à la première personne embarquent le lecteur au cœur même de l’histoire, au cœur même de la folie. Et c’est assez déstabilisant.

La première partie, c’est le récit de cette femme qui voulait tant se débarrasser de son mari. Or, le fait qu’il soit tombé par la fenêtre la laisse perplexe. Ce récit, c’est son journal intime, ses pensées livrées jour après jour. Et l’angoisse et la folie montent de manière très perceptible. D’ailleurs, la syntaxe, le vocabulaire, voire cette manière de changer de pronom pour parler de soi miment cet esprit qui divague, qui perd pied. Un récit qui témoigne d’une grande douleur, de celles qui vous ruinent un être, à jamais. Des relations difficiles, notamment avec une fille absente et ingrate.

La deuxième partie, c’est le récit de la fille, qui lit les cahiers de sa mère, après la mort de celle-ci. Une autre vision. La même histoire et pourtant une histoire totalement différente. Une deuxième voix qui vient compléter la première, qui vient l’éclairer.

Un joli petit récit dans lequel j’ai eu certes un peu de mal à rentrer, décontenancée par cette syntaxe qui parfois suivait les crises de la première narratrice. Au final, un très bon moment de lecture, qui vaut qu’on s’y attarde.

Chronique réalisée par Stephie

Quatrième de couverture :

Dans quelques heures, à la levée du jour, j’aurai quitté cette maison. Pour, sûrement, ne plus jamais y revenir. Fuir cette tache rouge sur le mur, et cet oeil impitoyable qui m’épie à travers un trou du plafond. Pourtant, j’avais espéré que cet espionnage cesserait le jour où… Presque tous ont dit que c’était un accident, tu as voulu ramasser un chiffon qui était tombé sur le rebord de la fenêtre, tu t’es penché un peu trop, et puis… Les autres ont avancé l’hypothèse du suicide, tu étais dépressif, l’armoire à pharmacie était bourrée de médicaments… Je ne sais plus. Tout s’emmêle. Une confusion extrême agite la narratrice : elle a d’abord soupçonné son mari d’avoir voulu l’assassiner. Maintenant qu’il a basculé par la fenêtre, elle ne sait plus quoi penser. Pourtant la peur et l’angoisse demeurent : des sentiments impossibles à partager, confiés à des cahiers où elle s’exprime tantôt à la première personne, tantôt spectatrice d’elle-même, dans un dédoublement vertigineux. Retrouver la paix lui sera-t-il possible? Avec une grande précison clinique et le souci du détail qui caractérise son style, Gisèle Fournier décrit le parcours d’une femme qui s’enfonce dans une dépression.

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