Le Syndrome de Gepetto de Jean-Pierre Richard

Le Syndrome de Gepetto de Jean-Pierre Richard

Le syndrome de Gepetto Jean-Pierre RichardLe Syndrome de Gepetto de Jean-Pierre Richard aux éditions Albin Michel

Voilà une roman sorti en librairie en mars dernier et dont on a encore très peu entendu parler. Et pourtant, sans être un chef d’œuvre, il s’agit là d’un roman bien sympathique.

Le narrateur, Laurent Pezner, est sculpteur de personnalités politiques dans un musée de cire dirigé par le très conciliant M. Morange. Sa vie se résume à ses trajets entre son appartement et le musée, quand, un beau jour, M. Kato lui propose un contrat avec une société japonaise Alter Ego, qui confectionne des robots, sosies des principaux hommes politiques de la planète, leurre pour éviter les attentats meurtriers. Pour un salaire exorbitant et des conditions de création optimales, Laurent accepte et découvre un monde nouveau qui lui permet de fuir sa vie familiale médiocre entre une femme, actrice ratée devenue miss météo à la télé et une belle fille, ado insupportable.

Gepetto des temps moderne, Laurent Pezner définit ainsi ce syndrome qui donne son titre au roman : J’avais appelé cet état le syndrome de Gepetto, en hommage au vieux marionnettiste qui avait donné vie à Pinocchio à partir d’une simple bûche. La Différence entre le démiurge toscan et moi, c’est que mes créatures ne s’animaient pas comme le petit pantin au nez pointu, mais se retrouvaient sagement exposées dans une des salles du musée qui m’employait. (p.9)

Alors certes ce roman présente quelques défauts : des répétitions, notamment dans la description de la vie familiale de Pezner, quelques invraisemblances (mais que l’on dépasse assez vite), et un certain enlisement de l’intrigue au milieu du roman.

MAIS ce qui sauve tout cela est sans conteste un humour charmant, des situations cocasses, et de vraies trouvailles qui font qu’on lit ce roman avec un sourire aux lèvres et rien que pour cela, ce roman vaut le détour. Le style ne s’embarrasse pas de descriptions inutiles, c’est rapide et assez efficace.

On s’interroge sur la réelle finalité de cette société de sosies androïdes, sur cette figure énigmatique du président Ikeda à la tête d’AlterEgo, on apprécie cette vieille Mlle. Goniard-Lambert, ancienne collègue de Laurent, et adepte du Lapsang souchong! Un roman qui se lit avec plaisir, comme une série télé bien rythmée !

Je ne connaissais pas cet auteur avant de découvrir ce roman. Ne pas le confondre avec le stylisticien du même nom.

Chronique réalisée par George

Quatrième de couverture :

« J’ai épousé la plus belle paire de seins des Beaux-arts, j’ai une situation stable, ce qui est rare pour un artiste, je suis employé comme sculpteur pour un musée de cire. Je modèle des hommes et des femmes politiques, quelques savants et, de temps en temps, un nageur ou un footballeur. Chaque fois que je façonne un de mes personnages, je me sens empli de fierté et d’un sentiment de puissance. Le « syndrome de Gepetto ».

Et puis un beau jour, moi, dont la seule aventure était le trajet entre mon appartement et mon atelier, je me suis retrouvé projeté au cœur de l’un des plus ahurissants complots de l’Histoire ! Gepetto était devenu Pinocchio. »

Avec son sens de l’humour et son goût pour la fantaisie, Jean-Pierre Richard, l’auteur de La Fille tombée d’un rêve, nous entraîne dans une comédie pétillante où il épingle joyeusement les travers de notre société spectacle…



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