Jayne Mansfiel 1967,  de Simon Liberati

Jayne Mansfiel 1967, de Simon Liberati

Jayne,  avec un y et un décolleté, Mansfield… Un sex symbol, une icône, le produit d’un système hollywoodien avant la faillite des actrices montées au pinacle par les studios. Une playmate star sur le déclin, un cadavre mythique. Sur la route US90, Jayne Mansfield et son compagnon de l’époque, ainsi que trois de ses  enfants  et ses nombreux chihuahuas, écrasent leur voiture contre l’arrière d’un camion. La légende dira qu’elle fut décapitée, la réalité est qu’elle mourut d’un écrasement de la boite crânienne. Elle avait 34 ans, et ne pourrait plus jamais pousser ce petit cri qui troubla la terre entière Léon Zitrone le premier, et en ferait une icône pour expert, à peu de rang de Marilyn Monroe.

Simon Liberati, auteur de l’Hyper Justine  (2009) en lice pour les prix et finalement prix de son ami Beigbeder c’est-à-dire prix de Flore, revient en cette rentrée avec un livre-enquête sur la mort de cette icône, donc sur sa vie Jayne Mansfield 1967. L’épigraphe ne reflète pas la construction à rebours du livre «  Jayne’s favorite word about herself was crescendo ».  Simon Liberati, dans ce style qu’une journaliste du Monde a qualifié de « morbid chic » plante d’abord le décor brumeux et cheap de l’accident. Il nous décrit ce que les photos célèbres ne nous montrent pas, insiste et explique les détails qui nous ont tous émus, comme cette perruque accrochée à l’arrière des restes écrasés de la Buick bleu métallique de la star. L’auteur a fouillé le passé de Jayne Masnfield autant  que l’époque pour nous retracer les dernières heures de la vie pathétique d’une star en déroute. IL nous en livre son interprétation, celle d’un amoureux de l’âge d’or hollywoodien, qui le regarde s’enfuir avec la nostalgie cynique qui nous fait retenir les mauvaises fréquentations plus que les réussites.

Pourtant, cet amour du détail, cette brume enveloppante de mélancolie qui traverse tout le livre ne parvient pas à nous dérouter, à nous faire oublier que tout cela nous le savons déjà. IL ne parvient pas à faire ce que Michel Schneider avait réussi avec Marylin : réconcilier en un seul personnage Jayne Mansfield la star et Jaynie la mère et la femme.  La pratique des parenthèses comme incises de l’avis de l’auteur suspend notre lecture et nous perd.  L’ambiance est là mais nous ne sommes que spectateur. Comme au dernier show de Jayne Mansfield, dans un bar autoroutier, nous regardons la décrépitude, nous ne la ressentons pas. Les amoureux de Jayne Mansfield seront morbidement ravis de se plonger dans cette enquête, les autres iront au ciné club vérifier si la blonde au cri troublant les émeut encore véritablement.

Chronique rédigée par Abeline

Jayne Mansfiel 1967, Simon Liberati, Grasset, 196p, ISBN 9782246771814, 

 

Retrouvez l’interview de Simon Liberati par notre partenaire Interlignes ici 

 

Quatrième de couverture :

« Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle. »



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