Un jeune médecin juif, dont le père était président de la plus haute juridiction du Danemark, est déporté pendant la seconde guerre mondiale. Il rejoint la ville de Terezin en Tchécoslovaquie, où il est affecté à l’hôpital, si on peut appeler de ce nom un mouroir, où le froid, la sur populataion, le manque de moyens de nourriture et de médicaments sont particulièrement importants. Si ce camp est présenté par les nazis comme une sorte de ville auto administrée par un conseil de sages, les vrais maîtres du lieu sont les nazis. Les Juifs internés partent régulièrement vers l’est, dans les camps d’extermination. Le roman raconte notamment un épisode absurde et atroce de la vie de cette fausse ville, à savoir la visite en 1944 par une délégation de la Croix Rouge. A cette occasion, les nazis tenteront de transformer le purgatoire en sorte de ville modèle.
Le projet du jeune romancier (c’est un premier roman) dans ce contexte laisse sans voix. En effet, dans ce cadre historique réel et terrible, il choisit de raconter l’histoire d’amour entre Daniel, le médecin danois et Ludmilla, une jeune femme tchèque, elle aussi déportée à Terezin, et bientôt malade (elle tousse trop souvent pour qu’il ne lui arrive rien, et avouons-le, un lecteur averti diagnostique la tuberculose bien avant le protagoniste pourtant homme de l’art). L’auteur a-t-il voulu raconter la résilience ? Montrer comment au coeur de l’horreur, l’humanité, l’amour pouvaient survivre ? Nous n’en savons rien. Toujours est-il qu’il livre un mélo avec de grosses ficelles et réellement gênant. « Ludmilla rit, et je suis impatient que notre séjour à Theresienstadt s’achève. Je vois ses lèves et ses dents blanches. Comment des dents peuvent elles être aussi blanches ? J’ai envie de passer le bras autour de sa taille mais je n’ose pas. Nous sommes heureux. A cet instant précis, nous sommes parfaitement heureux, mais je ne peux pas mettre mon bras autour de sa taille. Pas encore » écrit le narrateur.
L’écriture est très cinématographique. C’est quasiment un scénario qui nous est donné, avec des indications toujours très concrète, sur les mouvements, l’ambiance. Le texte principal est écrit au présent d’action.
Toutefois, parallèlement, à cette intrigue principale s’ajoute une sorte de description de la vie du jeune Faigel coincé entre un père juge figure de l’autorité et une mère fragile comme on dit pudiquement. Là où un écrivain arriverait à articuler le présent et le passé, l’impression prévaut ici de deux récits artificiellement mélangés sans véritable nécessité (et quand il y a des résonances entre le passé et le présent, c’est sans grande subtilité). Ces détours par le passé fournissent quelques éléments biographiques sur le narrateur. Toutefois, la psychologie des personnages n’est pas très subtile, à l’exception peut-être du personnage de la mère. Le père juge est forcément une figure d’autorité sévère. Le fils rebelle devient médecin contre l’avis paternel. Pour soigner une mère délirante ?
Chronique rédigée par Christophe Bys
Terezin Plage, Morten Brask, Presses de la Cité, ISBN 978 2 258 08519 0, 20 euros, 331 pages
Quatrième de couverture :
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« Je suis là, les yeux fermés, et autour de moi je sens l’océan et le soleil et l’écume des brisants et les vagues qui me font osciller d’avant en arrière, d’avant en arrière. Quand je m’éveille, l’océan n’est plus là. Le fracas que j’entends est celui des roues du train à bestiaux, le flux et le reflux du wagon qui grince et tangue. »
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mazel
31 août 2011
en tête de mes envies de rentrée littéraire…
Abeline
31 août 2011
@mazel est ce qu en plus on peut vous conseiller le burnside ( chronique à venir demain ) et l histoire de l histoire d’ ida hattemer higgins ( chronique après demain ) ?
mazel
16 septembre 2011
en fin de lecture, vraiment très bien.
Abeline, bien sûr, je lis toutes les chroniques…