Inverno d’ Hélène Frappat

Inverno, hiver en italien, c’est le titre d’une sculpture kitsch  que L, l’héroïne encore une fois sans nom, du dernier roman d’Hélène Frappat, trimballe dans ses bagages, de son ancienne vie romaine vers la Bretagne des retrouvailles avec son enfance et son amie Emmanuelle.  Ce souvenir d’autant de moments de passion que de nostalgie amère donne son nom au dernier opus de la romancière : Inverno est une méditation sur le temps, celui qui déroule ses évènements à la vitesse d’un train, celui qu’on regarde passer comme au travers de sa vitre, celui qui nous ramène toujours à ces moments figés dans le fantasme qu’est l’enfance.

L court après ces instants de bonheur et de construction, partant retrouver son amie d’enfance Emmanuelle,  fuyant la ville aux sept collines de douleur amoureuse.  C’est un retour aux sources, au sens premier du terme. Lors de ce voyage, L retrouve ce qui l’a forgé, le souvenir d’Emmanuelle et de sa mère. Trois destins de femmes et trois formes de voyages dans la vie se suivent, se collent dans ce court roman.  Bérengère, la mère d’Emmanuelle, fantasque, rebelle,  est la locomotive qui emportera le train de leur enfance vers l’âge adulte.  Bérengère, c’est aussi un contre-exemple amoureux et un exemple de survie. Les conséquences de la vie de Bérengère  seront les complexes, les principes qu’Emmanuelle et L traineront avec elle. Une fois le train de l’histoire familiale lancé, rien ne peut l’arrêter. Le temps se fige dans le style lyriquement minimaliste d’Hélène Frappat et l’on voyage avec ses héroïnes  avec la plus lointaine et la plus inatteignable des destinations : se trouver soi même. Hélène Frappat  multiplie les personnages féminins à la recherche d’une vérité qui prend ses racines dans le secret de famille.  Et si finalement  ce même secret était la seule clé de l’identité ? Il faut prendre un train pour la Bretagne pour le découvrir, bercé par la douceur de la voix de l’auteur.

Chronique rédigée par Abeline

 

 

Inverno, Hélène Frappat, Actes Sud, ISBN 978-2-7427-9909-1, 16€, 140p 

 

Quatrième de couverture :

Un endroit où aller Inverno Pourtant, qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu’elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement le vague malaise, la jubilation secrète qui l’accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville.

 

 

 

 

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1 comment on this postSubmit yours
  1. C’est un très bon roman en effet : sensible, délicat, plein de nostalgie et de beaux portraits de femmes.
    Ma petite critique sur mon blog littéraire :
    http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/06/inverno-dhelene-frappat-actes-sud.html

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