J’ai déserté le pays de l’enfance, de Sigolène Vinson

Sigolène Vinson ne m’a pas spécialement convaincue. Elle conte comment une avocate craque un matin, lors d’une dernière audition. Elle conte son repos dans une maison de fous, ses rencontres dans ce lieu, les absurdités de celui-ci, la fuite en avant de ces fous, plus ou moins furieux. Elle conte surtout la petite mort de chaque matin, en metro, loin de l’Afrique, sa terre natale.

Ce roman, c’est une façon de renouer avec son passé, ses aspiration de petite fille, ses jeux. C’est une dévorante nostalgie. C’est imaginer un présent plus joyeux, figé par les souvenirs. C’est accepter que l’enfance est loin, que les choses changent, que l’on grandit. C’est confronter son job d’avocate, ses études, à un quotidien de petites guerres, à une clientèle en déshérence. C’est prendre conscience.

Et dans l’enfance, il y a toujours les rapports aux parents. Mère protectrice, envahissante, fière de sa fille. Père discret mais figure forte, dominante, qui scande les moments forts du livre : la vie d’avocate, l’entrée chez les fous, le séjour à Djibouti. Un père qui donne le La en matière de politique aussi. Mais je ne développerai pas cet aspect, omniprésent pourtant. Je préfère vous laisser le découvrir.

Ce livre, c’est véritablement l’histoire d’une renaissance, d’un burn out.

Une écriture fluide, un style agréable, le roman se lit bien. Mais le fonds n’est pas des plus palpitants ou remarquable selon moi.

Chronique rédigée par Praline

J’ai déserté le pays de l’enfance, Sigolène Vinson , Plon ,18 €,198 pages, ISBN-13 : 9782259214469

Présentation de l’éditeur

Française, la narratrice a passé son enfance en Afrique, à Djibouti. Le pays d Arthur Rimbaud, de Monfreid, celui aussi des Afars, des pêcheurs, des bergers, de la mer et du vent. Plus tard, elle devient avocate à Paris, en droit du travail et se retrouve à défendre des entreprises qui licencient. Jusqu au jour où ses rêves d enfance se rappellent à elle et qu elle s effondre en pleine audience. Elle prend alors conscience de tout ce qu elle a renié depuis qu elle a quitté le pays de son enfance : « Il y a ceux qui visitent ces territoires lointains pour guérir de leur mal-être, combler un goût du romanesque, à l’âge d homme, devenir enfin un homme. Et puis, il y a moi. Moi qui soutiens mordicus y être née, moi qui les ai délaissés pour me rendre malade. Fallait-il qu à trente ans je sois bien intégrée, exerçant un métier qui porte titre, pour en comparaison donner à mon enfance la force d’un ordre essentiel et supérieur, celui d’être. J’étais quelqu’un quand je me perdais dans la contemplation d’un horizon infini, sans bouger le moindre petit doigt, sans cligner de l’oeil. Je ne suis plus personne quand je plaide, quand je prends parti. Dans quel état de désenchantement étais-je pour penser cela ? J’étais à ce point fatiguée que je ne trouvais même plus la force de prononcer la simple phrase : « Je rêve d’autre chose ». [...] J’ai tout ».

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