Jeanne et Marguerite de Valérie Peronnet

Jeanne et Marguerite de Valérie Peronnet

Deux femmes, Jeanne et Marguerite ; deux époques au début et à la fin du XX/ début XXI ; un sentiment universel comme trait d’union de ces deux femmes : l’amour

On suit alternativement l’histoire de Marguerite et celle de Jeanne. Marguerite, surnommée Guita, a une enfance difficile : emplie de rêves, elle doit s’occuper de son petit frère à la maison. Lorsqu’elle rencontre Eugène sur la plage, entourés de quelques amis, c’est la révélation : ce sera l’homme de sa vie. Avec pudeur et délicatesse, en suivant les mœurs de l’époque, une belle histoire se noue : il est loin, elle lui écrit et leur amour ne cesse de grandir. Ils se fiancent, ils se marient, ils ont un enfant, puis deux… mais il est loin, trop loin et le manque s’accentue de jour en jour, surtout lorsque les nouvelles se font plus rares.

 

Jeanne rencontre un homme derrière son ordinateur : elle ne connaît rien de lui, mais une intimité se crée rapidement entre eux. L’écran et la virtualité permettent ainsi le dévoilement de la personnalité intime sans se mettre en danger. Et puis, ils franchissent le pas, et se rencontrent, dans le noir d’abord. Une histoire passionnée nait, mais elle est irrégulière :il vient, repart, et ne peut dévoiler sa vie. Jeanne vit aux rythmes de ses retrouvailles féériques, des appels téléphoniques coupés, et de cette attente …attendre ses pas dans les escaliers. Mais il doit toujours repartir…dans des pays en guerre.

 

Voilà un joli premier roman que j’ai lu d’une traite. Derrière la souffrance de ces deux femmes, et leurs attentes, on se questionne sur ces éléments de la vie qui décident pour nous de nos vies : la guerre en est un triste exemple. Valérie Péronnet a une écriture qui évoque avec précision l’intime et l’universel. Les sentiments sont évoqués tantôt avec pudeur, tantôt avec violence selon les étapes des différentes histoires. Toute la palette des sentiments est présente : de l’excitation et de l’enthousiasme au début d’une histoire, à la découverte du manque. Tout sonne juste, et l’on a envie de protéger ces deux femmes, qui aiment d’un amour absolu. La souffrance et le manque restent animés par l’espoir :celui d’une lettre, d’un coup de téléphone, d’un retour. Même si le principe du double récit est devenu habituel, il prend ici tout son sens et j’ai trouvé que les dernières pages apportent un poids supplémentaire à ce premier roman fort réussi.

Chronique rédigée par Fanny 

Jeanne et Marguerite, Valérie Péronnet, Calmann-lévy, ISBN : 9782702142455, Prix : 14,5 €, 144 pages

 

Quatrième de couverture :

Depuis toujours, Jeanne prête sa plume à d’autres. Mais cette fois, elle raconte sa propre histoire. Une histoire d’amour étrange et fantasque, drôle et forte, avec un certain « James » qu’elle rencontre dans la pénombre, parfois, et qu’elle attend en écrivant. Elle raconte aussi, en parallèle, l’histoire de Marguerite, et d’un amour innocent et éperdu avec le bel Eugène, croisé sur la plage de Nice en 1906, qu’elle retrouve en vacances et qu’elle attend en écrivant.

 

La première Guerre mondiale bouleversera l’amour de Marguerite ; l’Afghanistan, Gaza ou la Tchétchénie, celui de Jeanne.

Jeanne et Marguerite est un texte doux et intime, où la violence des sentiments se dit sans emphase, mais avec des mots nus, vifs, et facétieux parfois, dont on s’aperçoit qu’ils ont mis longtemps à remonter à la surface. Un siècle, peut-être…

Valérie Péronnet est née en 1964 à Dakar. Elle a été journaliste à Télérama pendant quinze ans, travaille régulièrement à Psychologies magazine et a écrit pour d’autres une trentaine de récits, essais et témoignages. Jeanne et Marguerite est son premier roman.



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