Les toutes première choses d’Hubert Klimko

Les toutes première choses d’Hubert Klimko

    Ce roman m’a embarquée dès les premières pages. Habituellement, je ne suis fan ni d’autobiographies ni de récit à la première personne d’ailleurs. Mais Klimko est très fort et ce, d’entrée de jeu. En effet, la note de l’auteur qui précède le récit montre à quel point l’auteur ne se prend pas au sérieux et amorce  son histoire avec une autodérision bien affichée. En outre, il démarre son autobiographie de manière faussement canonique. Le récit de sa naissance, certes mais un récit complètement farfelu. Tout débute non par les souvenirs qu’il a de cet événement – forcément- mais par un rêve qu’il fait à ce sujet. Et comme il n’est pas satisfait, il en raconte des variantes. Voilà qui prend à contre-courant tout ce que l’on sait sur le pacte autobiographique et pose toute la question de dire la vérité certes mais également de la fidélité du souvenir et des subterfuges à utiliser pour combler les trous de la mémoire.

Mais Klimko ne nous mène pas sans cesse en bateau et nous confie également une partie de sa vie, ses errances, son amour et sa quête éperdue de la belle Ulla mais aussi ses débuts d’écrivain. C’est aussi un roman dans lequel se nouent de belles rencontres, des complicités fortes et des visites à un psy très particulier.

Ce très court livre est savoureux du début à la fin. La fin pourrait être tragique et pourtant j’ai ri aux éclats. Je me demandais depuis quelques pages déjà s’il allait oser proposer cette chute. J’ai eu l’impression que l’auteur avait créé une connivence avec moi et je trouve que c’est un sentiment jubilatoire pour un lecteur. Une autobiographie réussie qui maîtrise les codes et les détourne de manière habile ! On en redemande

Chronique rédigée par Stéphie 

Les toutes premières choses, Hubert Klimko, Belfond, ISBN-13: 978-2714448415, 121p, 15€

Quatrième de couverture :

 

Après La Maison de Relia et Berceuse pour un pendu, le récit de jeunesse de l’étoile montante de la littérature polonaise. Un voyage initiatique hilarant peuplé de tranches de vie loufoques et bouleversantes, sur les routes d’Allemagne, d’Angleterre et d’Islande. Le coeur brisé par une beauté cruelle, le jeune Hubert quitte son pays natal. Prêt à dévorer le monde, il commence par faire du stop, plumer des volailles et cueillir des fraises tout en rêvant à la belle Ulla. Visitant l’Europe et son propre passé, le jeune vagabond croisera les destinées rocambolesques d’un Japonais fleur bleue diseur de bonne aventure, d’un oncle fanatique de la gelée de framboise, d’un pommier magique et d’un psychothérapeute qui joue à l’hirondelle. Des rencontres aussi belles qu’insolites qui le conduiront à entreprendre une tout autre odyssée, celle de l’écriture.

Biographie de l’auteur

Né en 1967 en Pologne, Hubert Klimko a exercé les métiers les plus divers : infirmier en maison de retraite, plumeux de dindes, trafiquant de caviar, vendeur d’art, mime… Il a publié deux volumes de poésie en islandais, un recueil de nouvelles, La Gare Bielewa-Ouest, et plusieurs romans. Après La Maison de Roza (2009) et Beceuse pour un pendu(2010), Les Toutes Premières Choses est son troisième roman à paraître chez Belfond. Il vit actuellement à Vienne.



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