Grand Huit d’Isabelle Kauffmann

Grand Huit d’Isabelle Kauffmann

1924, une plaine d’Alsace.
Cela commence par un couffin trouvé sur une route déserte. Un cadavre à côté. L’homme qui filait dans sa Bugatti s’est arrêté juste à temps pour éviter la collision. Et puis, sans trop réfléchir, voici que cet homme s’empare du couffin et laisse sur le bas-côté la jeune morte.
Un père vient de naître.
Alors que cet homme s’apprêtait à mettre fin à ses jours, voici que sa route croise le plus joli des dons.
Quelques années plus tard, le bébé a bien grandi : il s’appelle David et adore concevoir des jouets pour enfants. Il semble même ne vivre que pour ça. Son père, Kitz, à la tête d’une usine de jouets, admire cet enfant si particulier.
Ils pourraient tous les deux couler des jours heureux si Kitz n’avait pas reçu une lettre menaçante d’Odile, son ex-femme. Cette dernière lui demande huit ans. Les huit ans qu’elle a passés avec lui.
Mais comment honorer cette dette ?
Voici Kitz parti dans des démarches pour le moins farfelues. Il se fera alors aider par une voyante déjantée qui tire les cartes,  mais aussi des scientifiques ravis de voir qu’un cobaye vient de frapper à leur porte ! Il n’y a rien de meilleur que des expériences sur le temps !

Outre cette dette impossible à honorer, voilà que David, son cher David, est enlevé par un groupuscule qui demande lui aussi huit ans à Kitz !
Quelle étrange affaire ! 

Et voici le commencement d’un récit délirant où le temps pèse sur les protagonistes …

Après un début de récit bien réaliste, le narrateur emporte le lecteur vers d’autres berges, où l’imaginaire a une place de choix. Loin de déconcerter le lecteur, ce virage accentue davantage la fantaisie de ce roman.
Ainsi Kitz fera la connaissance de deux scientifiques bien particuliers, et d’une voyante dont on ne sait pas vraiment si elle a un réel don (mais tout comme Kitz, on voudrait bien y croire), néanmoins elle a déjà tout de la caricature d’une bonne diseuse d’aventures …

S’entremêlent différents points de vue : celui de Kitz bien entendu dont l’objet principal est de retrouver David, mais aussi celui d’Odile, ou encore des physiciens.
Il me fut difficile par manque d’intérêt de suivre ces différents personnages, la narration principale a même été amoindrie par toutes les narrations satellites. Tout ce qui concernait David me portait ;  tandis que les autres chapitres m’endormaient …
Peut-être parce que cette dette temporelle (idée de départ géniale !) n’a été selon moi qu’un prétexte à décrire ces personnages (à mes yeux, la narration a vite tourné en rond. Du moins, je m’attendais à autre chose, à plus de merveilleux, de fantaisie …), peut-être parce que je m’attendais à quelque chose de plus surnaturel, peut-être parce que seul le point de vue de Kitz à la recherche du temps perdu m’intéressait ?
Loin de détester le style de l’auteur, j’ai tout de même lu sans déplaisir ces tranches de vie drôles malgré tout.
Au final, un livre dont on ne peut renier l’originalité et l’humour, même si la narration aurait mérité plus de profondeur.

Chronique rédigée par Leiloona 

Grand Huit, Isabelle Kauffmann ,  Le Passage , ISBN : 9782847421705 , 291 pages, 18 €

Feuilletez les premières pages ici

Quatrième de couverture :

 

Il y a une Bugatti qui file en 1924 dans la plaine d’Alsace, un homme trahi et un bébé abandonné.
Une voyante bulgare qui tire des cartes singulières, une femme mélancolique  effaçant les lignes droites ; d’abjects coups de téléphone.
Il y a un petit garçon qui invente des jouets, deux scientifiques dans un laboratoire surchauffé, des espoirs ravivés et des secrets inavouables.
Dix-sept enfants noirs sur une plage de Zanzibar, des vagues qui se brisent, des amants égarés.
Il y a les théories d’Einstein en pleine évolution, des trouvailles fortuites, des erreurs de calcul.
Il y a une fête foraine, la nuit.
Et au cœur de tous ces destins, Kitz cherche la réponse à une question désespérée : comment payer ses dettes lorsqu’on doit rembourser, non de l’argent, mais du temps ?


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