Les auto-tamponneuses de Stéphane Hoffmann ( chronique 2 )

Les auto-tamponneuses de Stéphane Hoffmann ( chronique 2 )

Nouvelle lecture de cette rentrée littéraire par un auteur qui m’était jusque- là complètement inconnu.

Plongée dans la vie d’un couple dont on se demande si chacun d’entre eux n’a jamais eu  rien en commun. Un témoignage plutôt négatif sur la dégradation d’une relation de couple. Entre Pierre, patron d’un grand groupe industriel dont il a hérité de son beau père, qui décide de prendre sa retraite et son épouse, Hélène, femme froide, superficielle, il n’y a plus grand chose de ce sentiment amoureux qui les a uni, si jamais il  a pu exister. Ce départ à la retraite décidé unilatéralement par Pierre est la goutte qui fait déborder le vase, Hélène ne lui pardonne pas cette décision, ne voulant pas le voir trainer à la maison et l’encombrer.

 

Néanmoins, il s’installe dans leur maison du Morbihan et l’essentiel de la suite de ce roman est consacré à leur nouvelle vie si peu commune, les amis passent, constatant l’animosité renforcée d’Hélène et Pierre. Au fur et à  mesure  du récit, le lecteur découvre une femme qui n’a jamais été vraiment possédé de sens maternel, un enfant mort dans des circonstances tragiques, d’autres enfants dont aucun des deux n’a véritablement cure.  Hélène disparaît certain jour de semaine, laissant Pierre s’interroger sur sa fidélité. On découvre ensuite peu à peu les facettes de chacun de nos deux personnages comme de leurs amis les plus proches, des mystères se dévoilent à travers des retours sur leur histoire familiale. Chaque rencontre pour Pierre comme pour Hélène nous livre une page de leur histoire commune. Des liens amicaux se renforcent autour d’une passion commune de la mer, d’autres se créent ou se délitent. Pierre, même sensible aux charmes d’une des amies de sa femme, tente vainement de recréer une certaine complicité avec Hélène. Tout un duel à fleuret moucheté entre ses deux êtres, qui  nous semblent si dissemblables pour aboutir à l’ultime rebondissement.

 

Un style plaisant, des chapitres courts, parfois des difficultés à prendre ses marques pour nous, lecteurs, j’avoue avoir été tenté d’abandonner le livre tant parfois il me paraissait décousu mais en fait c’est un livre qui se lit par étape, entrecoupé de pause. Restent la qualité des mots et images, une bonne étude de ces deux autos tamponneuses et de la société qui les entourent. Néanmoins, ce ne sera pas encore le coup de foudre de cette rentrée littéraire.

 

Chronique rédigée par Olivier Bihl 

 

Les auto-tamponneuses de Stéphane Hoffmann, Albin Michel, 

Citations :

 

Du narrateur Pierre à propos de sa femme « J’ai toujours aimé Hélène, même de loin. C’était une petite frappe, un petit boxeur, un voyou. Un genre de femmes avec lesquelles on doit toujours être sur ses gardes »

 

Toujours le narrateur à propos des relations avec leurs enfants. « Si nos enfants s’occupent de nous comme nous nous sommes occupés d’eux, il se passera du temps avant qu’ils nous rendent visite ».

 

D’Hélène à l’annonce de la retraite de Pierre  »Les hommes qui ne travaillent pas se relâchent Pierre. Jamais ils ne devraient  rentrer à la maison, jamais. Ils doivent mourir à la tâche, au combat, la main sur le métier. »

 

En parlant de leur couple encore « Mariés par hasard, nous le sommes restés par égoïsme et comme par indolence. »

 

Du mariage enfin « Le mariage a toujours semblé être un tour en autos tamponneuses : c’est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n’est pas seul. »

 

 

Le Mot de l’éditeur :

 

« Pour nous, le mariage a toujours ressemblé à un tour d’autos tamponneuses : c’est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n’est pas seul. » Lorsque Pierre veut prendre sa retraite pour passer le reste de sa vie auprès de sa femme dans leur belle maison du golfe du Morbihan, Hélène ne l’accepte pas. Elle ne tient pas à découvrir un vieux mari en l’homme qu’elle aime depuis toujours. Une nouvelle vie commence. Tout est à réinventer. Après Château Bougon, Stéphane Hoffmann, poursuit avec brio la plus pessimiste et la plus gaie des œuvres romanesques, en observateur toujours inattendu, féroce et bienveillant, de nos mœurs contemporaines. Journaliste et critique littéraire, Stéphane Hoffmann publie Le Gouverneur distrait en 1989 et obtient le prix Nimier pour Château Bougon en 1991. Des filles qui dansent (2007) et Des garçons qui tremblent (2008) le consacrent comme un de nos plus brillants romanciers



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin